De l'audace, encore de l'audace, toujours de l'audace
« De l’audace, encore de l’audace, toujours de l’audace » est une formule prononcée par Georges Danton le 2 septembre 1792 devant l’Assemblée législative, alors que les armées prussiennes marchaient sur Paris. Elle conclut un appel à la mobilisation générale et reste l’une des phrases les plus célèbres de la Révolution française.
Qui était Danton ?
Georges Jacques Danton (1759-1794) est un avocat devenu l’un des principaux orateurs de la Révolution. Figure du club des Cordeliers, il devient ministre de la Justice au lendemain de la chute de la monarchie, le 10 août 1792. Député de Paris à la Convention, il participe ensuite à la création du Tribunal révolutionnaire et du Comité de salut public. Opposé à Robespierre, qui lui reproche de vouloir modérer la Terreur, il est guillotiné le 5 avril 1794.
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Le contexte de l’été 1792
La France est en guerre contre l’Autriche depuis avril 1792, et la Prusse a rejoint le conflit. À l’été, une armée austro-prussienne entre en France. Le 10 août, l’insurrection parisienne prend le palais des Tuileries : Louis XVI, soupçonné d’intelligence avec l’ennemi, est suspendu puis enfermé au Temple. Fin août, la place de Longwy tombe, Verdun est assiégée et capitule le 2 septembre. La route de Paris semble ouverte, et certains responsables envisagent de quitter la capitale.
Le discours du 2 septembre
Ce jour-là, Danton monte à la tribune pour appeler à la résistance. Il demande que des citoyens partent aux frontières, que d’autres creusent des retranchements et que les derniers défendent les villes, et que soient punis ceux qui refuseraient de servir ou de remettre leurs armes. Il explique que le tocsin qu’on va sonner n’est pas un signal d’alarme mais « la charge sur les ennemis de la patrie ». Il conclut : « Pour les vaincre, il nous faut de l’audace, encore de l’audace, toujours de l’audace, et la France est sauvée. »
La formule frappe par sa construction : la répétition du mot « audace », renforcée par la gradation « encore… toujours », transforme un discours politique en mot d’ordre.
Les suites : massacres de Septembre et Valmy
Le même jour commencent à Paris les massacres de Septembre : du 2 au 6 septembre, des détenus des prisons parisiennes, prêtres réfractaires, suspects politiques mais aussi prisonniers de droit commun, sont tués après des jugements expéditifs. Les estimations dépassent le millier de victimes. Le rôle de Danton, alors ministre de la Justice, reste discuté : il ne les a pas ordonnés, mais il n’a rien fait pour les arrêter.
Le 20 septembre 1792, l’armée française de Dumouriez et Kellermann arrête les Prussiens à Valmy. Le lendemain, la Convention abolit la royauté ; la République est proclamée dans la foulée.
Une formule passée dans la langue
Détachée de son contexte, la phrase est devenue un encouragement à l’initiative et au courage, cité aussi bien en politique qu’en entreprise ou dans le sport. Elle a été reprise ou parodiée de nombreuses fois. La rappeler dans son cadre d’origine montre qu’elle naît d’un moment de danger extrême, où l’audace était présentée comme la condition même de la survie du pays.

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