Échec citations
Les citations sur l’échec jouent sur les deux sens du mot : l’échec, revers ou insuccès, et les échecs, le jeu de stratégie dont il est issu. Cette page rassemble des formules souvent reprises dans les recueils, avec le contexte de leurs auteurs. Les attributions sont celles qui circulent dans les recueils de citations ; certaines sont douteuses, et il convient de les vérifier dans les œuvres avant de les reprendre dans un travail.
Un mot venu du jeu
Le mot « échec » vient du jeu d’échecs, né en Inde puis transmis par la Perse et le monde arabe. Il se rattache au persan shâh, « roi » : mettre le roi « en échec », c’est le menacer, et l’expression « échec et mat » remonte à une formule signifiant que le roi est vaincu, sans issue. De la menace sur le roi est venu, en français, le sens d’obstacle, puis celui d’insuccès : « faire échec à » un projet, c’est l’empêcher d’aboutir.
L’échec, une leçon
Beaucoup de citations voient dans l’échec une étape plutôt qu’une fin. Celle-ci est prêtée à l’animatrice américaine Oprah Winfrey :
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Je vous dirai que je n’ai jamais eu d’échecs dans ma vie. Il n’y a pas eu d’échecs. Il y a eu des leçons épouvantables
Une phrase attribuée à François Mitterrand déplace la faute de l’échec lui-même vers la manière d’y réagir :
La pire erreur n’est pas dans l’échec mais dans l’incapacité de dominer l’échec.
La plus célèbre de ces maximes est presque toujours attribuée à Winston Churchill. Les spécialistes de son œuvre ne l’ont pourtant retrouvée ni dans ses écrits ni dans ses discours, et la rangent parmi les citations qui lui sont prêtées à tort :
Le succès c’est d’aller d’échec en échec sans perdre son enthousiasme
Réussite et échec, deux faces d’une même chose
Deux formules jouent sur le paradoxe. La première, prêtée à Jean-Paul Sartre sans référence précise, fait du succès un échec au second degré ; la seconde est attribuée au poète Jacques Prévert, auteur de Paroles :
Le succès, c’est l’échec de l’échec
Fort heureusement, chaque réussite est l’échec d’autre chose.
Les échecs, le jeu
Le jeu d’échecs a inspiré de nombreux écrivains. Dans Le Joueur d’échecs, nouvelle publiée en 1942, peu après sa mort, Stefan Zweig raconte l’histoire d’un prisonnier des nazis qui, pour ne pas sombrer dans la folie, rejoue mentalement des parties contre lui-même :
Vouloir jouer aux échecs contre soi-même est aussi paradoxal que vouloir marcher sur son ombre
Le romancier espagnol Arturo Pérez-Reverte a construit l’intrigue du Tableau du maître flamand (1990) autour d’une partie d’échecs peinte sur un tableau ancien, qui recèle la clé d’une énigme criminelle :
Les échecs sont encore plus proches de l’art de l’assassinat que de l’art de la guerre
La vérité est comme le meilleur coup aux échecs : elle existe, mais il faut la chercher
Enfin, au début du XVIIe siècle, le poète satirique Mathurin Régnier jouait déjà sur le nom des pièces : sur l’échiquier, le fou se tient à côté du roi, comme le bouffon à la cour.
Les fous sont aux échecs les plus proches des rois
Le vers figure dans ses Satires et a pris valeur de proverbe.
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