La Fayette , nous voici !

« La Fayette, nous voici ! » (en anglais Lafayette, we are here!) est la phrase prononcée le 4 juillet 1917 à Paris, sur la tombe du marquis de La Fayette, par l’officier américain Charles E. Stanton, peu après l’arrivée des premières troupes des États-Unis en France pendant la Première Guerre mondiale. Elle a souvent été attribuée à tort au général Pershing, qui commandait le corps expéditionnaire américain.
L’entrée en guerre des États-Unis
Après près de trois ans de neutralité, les États-Unis déclarent la guerre à l’Allemagne le 6 avril 1917, notamment en réaction à la guerre sous-marine à outrance menée par l’Allemagne. Le général John Pershing, nommé à la tête de l’American Expeditionary Forces, arrive en France en juin 1917. Les premiers soldats américains débarquent à Saint-Nazaire à la fin du mois de juin. Leur nombre reste alors modeste, mais leur arrivée est un immense encouragement pour une France épuisée par trois années de guerre.
La cérémonie du cimetière de Picpus
Le 4 juillet 1917, jour de la fête de l’Indépendance américaine, Pershing et des officiers de son état-major se rendent au cimetière de Picpus, à Paris, où repose La Fayette. Plusieurs discours sont prononcés. C’est Charles E. Stanton, officier chargé des finances de l’état-major, qui conclut le sien par ces mots, en s’adressant au héros de l’indépendance américaine : « Lafayette, we are here! » La formule, brève et chargée d’émotion, est aussitôt reprise par la presse des deux pays.
Pourquoi La Fayette ?
Gilbert du Motier, marquis de La Fayette (1757-1834), avait rejoint très jeune les insurgés américains en lutte contre la Grande-Bretagne. Arrivé en Amérique en 1777, nommé major général par le Congrès, il combat aux côtés de George Washington et participe à la victoire décisive de Yorktown en 1781. Il est resté aux États-Unis le symbole de l’aide française à la naissance de la nation américaine, ce qui lui vaut le surnom de « héros des Deux Mondes ». La phrase de 1917 présente l’engagement américain comme le remboursement d’une dette de reconnaissance envers la France.
Avant même 1917, des volontaires américains combattaient déjà aux côtés des Français, notamment dans l’escadrille La Fayette, une unité aérienne formée en 1916.
Une phrase longtemps attribuée à Pershing
La popularité de la formule a conduit à l’attribuer au général Pershing, plus célèbre que son subordonné. Pershing lui-même a corrigé cette erreur en précisant, dans ses souvenirs, que les mots avaient été prononcés par Stanton. L’attribution à Pershing reste pourtant fréquente.
Un symbole durable
La tombe de La Fayette à Picpus est depuis un lieu de mémoire de l’amitié franco-américaine : un drapeau américain y flotte en permanence, et une cérémonie s’y tient chaque 4 juillet. « La Fayette, nous voici ! » est restée l’expression consacrée pour évoquer la solidarité entre les deux pays, en particulier lors des commémorations des deux guerres mondiales.


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