C'est un petit pas pour l'homme , un bond de géant pour l’humanité

Auteur : Neil Armstrong, en 1969
« C’est un petit pas pour l’homme, un bond de géant pour l’humanité » est la traduction française de la phrase prononcée par Neil Armstrong au moment de poser le pied sur la Lune, lors de la mission Apollo 11, en juillet 1969. En anglais, l’astronaute a dit : « That’s one small step for man, one giant leap for mankind ». La phrase est devenue l’une des plus célèbres du XXe siècle, mais elle cache une petite énigme de grammaire.
La course à la Lune
Le 12 avril 1961, le Soviétique Youri Gagarine devient le premier homme à voyager dans l’espace. Les États-Unis répondent quelques semaines plus tard avec le vol suborbital d’Alan Shepard, le 5 mai 1961. Le 25 mai suivant, devant le Congrès, le président John F. Kennedy fixe un objectif : faire atterrir un homme sur la Lune et le ramener sain et sauf sur Terre avant la fin de la décennie. Le programme Apollo naît de cet engagement, dans le contexte de la rivalité avec l’Union soviétique.
Le premier pas, en juillet 1969
La mission Apollo 11 emporte trois astronautes : Neil Armstrong, commandant, Edwin « Buzz » Aldrin et Michael Collins, resté en orbite à bord du module de commande. Le module lunaire Eagle se pose dans la mer de la Tranquillité le 20 juillet 1969. Quelques heures plus tard, Armstrong descend l’échelle et pose le pied sur le sol lunaire ; en temps universel, il est alors près de trois heures du matin le 21 juillet, ce qui explique que les deux dates soient citées. Des centaines de millions de téléspectateurs suivent la retransmission en direct.
« Man » ou « a man » : un article qui manque
Telle qu’on l’entend sur l’enregistrement, la phrase oppose « man » et « mankind ». Or, en anglais, « man » employé sans article désigne l’espèce humaine : la phrase dit alors littéralement « un petit pas pour l’humanité, un bond de géant pour l’humanité », ce qui n’a guère de sens. Armstrong a toujours affirmé avoir voulu dire « one small step for a man », « un petit pas pour un homme », c’est-à-dire pour lui-même, par opposition à l’humanité tout entière. La traduction française courante, « pour l’homme », reprend cette ambiguïté.
En 2006, un informaticien australien a soumis l’enregistrement à une analyse acoustique et a cru y déceler la trace très brève de l’article « a », effacée par la transmission. Armstrong a accueilli favorablement ce résultat, mais d’autres analyses, menées notamment par des linguistes, n’ont pas permis de trancher. La question reste ouverte : l’article a peut-être été prononcé trop vite pour être audible, ou bien omis dans l’émotion du moment.
Une phrase restée dans les mémoires
Armstrong a expliqué avoir réfléchi à ses mots après l’alunissage, dans les heures qui ont précédé la sortie du module. Quelle que soit sa genèse exacte, la formule a fixé le sens de l’événement : un geste individuel minuscule qui représente un progrès considérable pour l’espèce humaine. Elle est reprise aujourd’hui, souvent sous forme de clin d’œil, pour souligner qu’une petite action peut ouvrir une étape décisive.



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