Vengeance citations
Les citations sur la vengeance sont innombrables, car le désir de rendre le mal pour le mal traverse toutes les littératures : il anime les héros de la tragédie classique, il inquiète les moralistes et il inspire les proverbes populaires. Cette page réunit les formules les plus célèbres, avec leur contexte, du « Va, cours, vole et nous venge » de Corneille au « plat qui se mange froid ».
La vengeance héroïque du théâtre classique
Au XVIIe siècle, la vengeance est une affaire d’honneur. Dans Le Cid (1637), le vieux Don Diègue, souffleté par le père de Chimène, remet à son fils Rodrigue le soin de laver l’affront : le vers est devenu proverbial pour désigner une mission confiée avec fougue.
Va, cours, vole et nous venge
Chez Racine, la vengeance est passionnelle et tragique. Dans Andromaque (1667), Hermione, délaissée par Pyrrhus, a demandé à Oreste de le tuer, puis regrette que sa victime ignore d’où vient le coup :
Ma vengeance est perdue s’il ignore en mourant que c’est moi qui le tue
Un siècle plus tard, Beaumarchais transpose l’idée dans la comédie : la réparation doit être aussi visible que l’offense.
Quand le déshonneur est public, il faut que la vengeance le soit aussi
La vengeance comme mot d’ordre
La formule la plus célèbre de l’histoire militaire française est attribuée à Henri de La Rochejaquelein, chef vendéen de vingt ans, haranguant ses paysans en 1793 :
Si j’avance, suivez-moi; si je meurs, vengez-moi; si je recule, tuez-moi
Les moralistes : le mépris vaut mieux que la vengeance
Les moralistes se méfient de la vengeance, qui enchaîne l’offensé à son offenseur. Le jésuite espagnol Baltasar Gracián, dans ses maximes de l’homme de cour, et le théologien anglais Thomas Fuller recommandent une arme plus froide : le mépris, qui prive l’adversaire de l’importance qu’il réclame.
Le mépris est la forme la plus subtile de la vengeance
Le mépris efface l’injure plus vite que la vengeance
Le temps de la vengeance
Un proverbe, recensé au XIXe siècle par le collecteur allemand Karl Friedrich Wilhelm Wander et repris dans de nombreuses langues, veut que la vengeance gagne à être différée : la colère retombée, elle est plus sûre et plus complète. Henry de Montherlant, dramaturge du XXe siècle, en tire une distinction subtile entre la vengeance et la simple riposte.
La vengeance est un plat qui gagne à être mangé froid
Une vengeance trop prompte n’est plus une vengeance; c’est une riposte
Quand il n’y a plus de solution, reste la vengeance
Ce que ces citations nous apprennent
Deux visions s’opposent : celle du théâtre et de l’épopée, où la vengeance restaure l’honneur et l’ordre du monde, et celle des moralistes, pour qui elle prolonge la blessure au lieu de la fermer. Entre les deux, la sagesse populaire recommande d’attendre. Ces formules restent vivantes parce que le sentiment qu’elles décrivent, universel, se heurte dans nos sociétés à la justice, qui a précisément pour rôle de se substituer à la vengeance privée.

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