Jonathan Borofsky

Jonathan Borofsky, né en 1942 à Boston, est un artiste américain connu pour ses installations autobiographiques et pour ses sculptures monumentales de silhouettes humaines, comme les Hammering Man installés dans plusieurs villes du monde. Son œuvre, qui mêle dessin, peinture, sculpture, son et vidéo, s’organise autour de ses rêves et d’une réflexion sur la place de l’individu dans le monde.
Formation
Jonathan Borofsky étudie la sculpture à l’université Carnegie-Mellon de Pittsburgh, dont il sort diplômé en 1964, puis à l’École d’art et d’architecture de Yale, où il poursuit sa formation jusqu’en 1966. Il s’installe ensuite à New York, alors au cœur de l’art conceptuel et minimal. Sa première exposition personnelle a lieu en 1975.
Compter jusqu’à l’infini
À la fin des années 1960, Borofsky entreprend un projet singulier : compter, nombre après nombre, en direction de l’infini, en inscrivant les chiffres sur des feuilles de papier. Cette pratique quotidienne, presque obsessionnelle, devient une signature. Il appose ensuite des numéros sur ses dessins, ses peintures et ses sculptures, comme pour situer chaque œuvre dans un grand compte continu, à mi-chemin entre journal intime et rituel.
Des installations nées des rêves
Dans les années 1970 et 1980, Borofsky réalise des installations complexes qui envahissent tout l’espace d’exposition : dessins tracés directement sur les murs, peintures, figures découpées, objets sonores et vidéos. Il y raconte ses rêves non comme des abstractions, mais comme des expériences personnelles et concrètes. L’ensemble compose un autoportrait éclaté, où l’on retrouve des motifs récurrents : l’homme qui marche, l’homme qui frappe, l’homme qui vole.
L’artiste conçoit ces œuvres comme des métaphores des rapports entre l’homme et l’univers, entre l’art et la réalité. La diversité des techniques employées sert un même propos : rendre visible une vie intérieure et la partager avec le spectateur.
Les sculptures monumentales
À partir des années 1990, Borofsky réalise de nombreuses commandes publiques. Il fait découper dans l’acier ou l’aluminium de gigantesques silhouettes humaines, parfois animées par un mécanisme. Les plus connues sont les Hammering Man, figures d’ouvriers dont le bras armé d’un marteau se lève et s’abaisse lentement, en hommage au travail humain ; on en trouve notamment à Francfort-sur-le-Main, à Seattle et à Bâle.
D’autres œuvres reprennent le motif de l’homme qui monte vers le ciel, comme Man Walking to the Sky, présenté à la documenta de Kassel en 1992, ou associent plusieurs silhouettes, comme Molecule Man, dressé dans la Spree à Berlin. Borofsky conçoit aussi des installations de personnages suspendus au plafond, qui semblent flotter au-dessus des visiteurs et prolongent le thème du rêve de voler.
Une œuvre accessible
Par ses silhouettes simples et lisibles, l’œuvre de Jonathan Borofsky s’adresse à un large public, bien au-delà du monde de l’art. Elle relie une démarche très intime, faite de rêves et de comptes quotidiens, à des sculptures conçues pour l’espace public et partagées par tous les passants.



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