Rachel Whiteread
Rachel Whiteread est une sculptrice britannique née en 1963 à Ilford, dans l’agglomération de Londres, connue pour ses moulages d’espaces vides : l’intérieur d’une pièce, le dessous d’une chaise ou le volume entier d’une maison. En 1993, elle devient la première femme à recevoir le Turner Prize, le prix d’art contemporain le plus en vue du Royaume-Uni. Elle vit et travaille à Londres.
Formation et débuts
Rachel Whiteread étudie la peinture à la Brighton Polytechnic de 1982 à 1985, puis la sculpture à la Slade School of Fine Art de Londres de 1985 à 1987. Sa première exposition personnelle a lieu en 1988. Elle est souvent rattachée à la génération des Young British Artists, apparue à Londres à la fin des années 1980, même si son travail, silencieux et austère, se distingue de la provocation associée à ce groupe.
Mouler le vide
Son procédé consiste à remplir un espace avec un matériau qui durcit, plâtre, béton, résine, caoutchouc ou cire, puis à retirer le moule. On voit alors non pas l’objet, mais le volume d’air qu’il contenait ou qu’il entourait. En 1990, Ghost restitue ainsi en plâtre l’espace intérieur d’un salon d’une maison victorienne. Ses sculptures donnent une présence à ce qui est d’ordinaire invisible et rendent sensibles la mémoire des lieux, l’absence et la disparition.
Les œuvres majeures
- House (1993) : le moulage en béton de l’intérieur d’une maison mitoyenne de l’est de Londres, promise à la démolition. L’œuvre suscite un vif débat public et est détruite au début de 1994.
- Water Tower (1998) : le moulage en résine translucide d’un réservoir d’eau en bois, installé sur un toit de New York.
- Le mémorial de l’Holocauste de Vienne (2000) : sur la Judenplatz, une bibliothèque moulée en béton dont les livres présentent leur tranche vers l’intérieur, illisibles ; sur le socle sont inscrits les noms des lieux où des Juifs autrichiens ont été assassinés.
- Monument (2001) : une copie inversée en résine du socle vide de Trafalgar Square, posée sur ce même socle.
- Embankment (2005) : des milliers de moulages de boîtes en carton empilés dans le Turbine Hall de la Tate Modern.
Reconnaissance
Outre le Turner Prize, Rachel Whiteread représente la Grande-Bretagne à la Biennale de Venise en 1997. Ses œuvres figurent dans de nombreuses collections publiques, et la Tate Britain lui a consacré une grande rétrospective en 2017. Elle a été distinguée par la Couronne britannique, qui l’a faite Dame en 2019. Parallèlement à la sculpture, elle pratique le dessin et la photographie, qui documentent les lieux et les objets abandonnés dont elle tire ses formes.
Ce que montre son œuvre
En rendant solide l’espace laissé par les choses, Rachel Whiteread invite à regarder autrement les objets ordinaires et les bâtiments que l’on détruit sans y penser. Son travail mêle une grande rigueur formelle, proche de la sculpture minimaliste, à une dimension mémorielle et émotionnelle qui touche un large public.


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