Bernard Buffet
Bernard Buffet est un peintre français né en 1928 à Paris et mort en 1999 à Tourtour, dans le Var. Célèbre dès l’âge de vingt ans, il s’est imposé par un style immédiatement reconnaissable : des figures étirées, des lignes noires anguleuses et une palette souvent sourde. Adulé puis longtemps boudé par une partie de la critique, il reste l’un des peintres figuratifs français les plus connus du XXe siècle.
Une jeunesse fulgurante
Bernard Buffet entre très jeune à l’École nationale supérieure des beaux-arts de Paris, pendant l’Occupation, et y étudie de 1943 à 1945 environ. Il expose ses premières toiles dès la fin des années 1940. En 1948, il reçoit le prix de la Critique, qui lance sa carrière : marchands, collectionneurs et presse s’intéressent à ce peintre de vingt ans au regard grave.
Son succès est rapide et international. Dans les années 1950, il est l’un des artistes les plus en vue de la scène parisienne, et ses expositions annuelles deviennent des événements.
Un style fait de lignes noires
Dès ses premières œuvres, Buffet met au point une manière très personnelle : la toile est structurée par un réseau de traits noirs, rigides et nerveux, qui cernent les formes. Les personnages sont maigres, les visages allongés, les intérieurs dépouillés. Cette austérité, en accord avec le climat de l’après-guerre, a été rattachée par les critiques à un courant figuratif parfois qualifié de « misérabiliste », par opposition à l’abstraction alors dominante.
Les grands thèmes de son œuvre
Pour Buffet, presque tout peut devenir sujet de peinture. Son œuvre, considérable, se déploie souvent en séries :
- des sujets autobiographiques : autoportraits, portraits de sa femme Annabel, de ses proches ;
- des sujets religieux, comme la Passion du Christ ou Jeanne d’Arc ;
- des vues de villes où il a vécu ou séjourné : Paris, Venise, New York, le Japon ;
- des séries thématiques : le cirque et les clowns, la corrida, les bateaux, la Révolution française ;
- des genres classiques : paysages, natures mortes, fleurs, animaux.
Il a aussi pratiqué la gravure et l’illustration de livres, notamment Les Chants de Maldoror de Lautréamont et La Voix humaine de Jean Cocteau, et réalisé des décors et des costumes pour la scène.
Fin de vie et postérité
Atteint de la maladie de Parkinson, qui l’empêchait de peindre, Bernard Buffet s’est donné la mort en octobre 1999 dans sa maison de Tourtour. Élu à l’Académie des beaux-arts, il avait connu une reconnaissance officielle précoce, mais aussi le rejet d’une partie du monde de l’art, qui lui reprochait sa production abondante et son succès commercial.
Un musée qui lui est entièrement consacré a été fondé au Japon, dans la préfecture de Shizuoka, et conserve un ensemble important de ses œuvres. En France, une grande rétrospective organisée par le musée d’Art moderne de Paris en 2016-2017 a contribué à relancer l’intérêt du public et des historiens pour son travail.


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