Duane Hanson
Duane Hanson est un sculpteur américain (1925-1996), figure majeure de l’hyperréalisme, célèbre pour ses personnages grandeur nature si ressemblants que les visiteurs des musées les prennent souvent pour de vraies personnes. Touristes, ménagères, ouvriers ou gardiens de musée : il a fait de l’Américain ordinaire le sujet d’une œuvre à la fois tendre et critique.
Une formation dans le Middle West
Duane Hanson naît en 1925 à Alexandria, dans le Minnesota, au sein d’une famille d’agriculteurs. Il étudie l’art au Macalester College et à l’université du Minnesota, puis à la Cranbrook Academy of Art, dans le Michigan, dont il sort diplômé au début des années 1950. Il enseigne ensuite plusieurs années, notamment en Allemagne, avant de s’établir en Floride, où il meurt en 1996.
Du sculpteur engagé à l’hyperréaliste
Ses premières sculptures sont plus classiques, voire abstraites. À la fin des années 1960, il réalise des œuvres très violentes, consacrées à la guerre, aux émeutes ou aux accidents, qui dénoncent la brutalité de la société américaine. Il se tourne ensuite vers des scènes de la vie quotidienne, qui feront sa célébrité. Supermarket Shopper (1970), une femme poussant un chariot débordant de provisions, devient l’une de ses œuvres les plus connues.
Une technique d’une précision extrême
Hanson travaille d’après des modèles vivants. Il prend des moulages de leur corps, puis coule dans ces moules de la résine de polyester renforcée de fibre de verre, et plus tard du vinyle ou du bronze. Il peint ensuite la surface avec un soin minutieux, jusqu’aux veines, aux rougeurs et aux imperfections de la peau. Perruques, vêtements de seconde main, lunettes, sacs et accessoires achèvent l’illusion. Chaque personnage est saisi dans un moment banal : attendre, se reposer, regarder, s’ennuyer.
Un regard sur l’Amérique ordinaire
Les figures de Duane Hanson ne sont ni des héros ni des stars. Ce sont des gens modestes, souvent fatigués, parfois seuls ou vieillissants, que l’on croise sans les voir. En les plaçant dans les salles des musées, l’artiste oblige le visiteur à les regarder vraiment. L’effet de surprise, quand on comprend qu’il ne s’agit pas d’une personne réelle, laisse place à une forme d’empathie, mêlée d’ironie envers la société de consommation. Hanson a lui-même expliqué qu’il voulait montrer la vie des gens ordinaires, avec sa fatigue, son vide et ses frustrations.
Héritage
Duane Hanson est souvent rapproché de John De Andrea, autre sculpteur hyperréaliste américain, et ses œuvres sont exposées dans de nombreux musées d’Europe et des États-Unis. Son art a ouvert la voie à des sculpteurs qui, après lui, ont poussé encore plus loin le réalisme du corps humain. Par leur présence troublante, ses personnages continuent de poser la question de ce que nous regardons, et de ce que nous ignorons, chez nos semblables.

vous devez être connecter pour déposer un commentaire connecter