Edward Kienholz
Edward Kienholz (1927-1994) est un artiste américain connu pour ses environnements et ses grands assemblages, mises en scène grandeur nature composées d’objets récupérés et de personnages figés, qui dénoncent avec violence l’hypocrisie sociale, la guerre, le racisme et la misère. À partir de 1972, il travaille avec sa femme, Nancy Reddin Kienholz.
Biographie d’Edward Kienholz
Né en 1927 à Fairfield, dans l’État de Washington, Edward Kienholz grandit dans une ferme et acquiert très tôt un savoir-faire de bricoleur et de menuisier. Il suit brièvement des études universitaires, puis exerce divers métiers avant de s’installer à Los Angeles dans les années 1950. Autodidacte, il y réalise ses premiers reliefs et assemblages en bois.
En 1957, il fonde avec Walter Hopps la Ferus Gallery, qui devient un lieu essentiel de l’avant-garde californienne. Il épouse Nancy Reddin en 1972 ; leur collaboration est telle qu’il décide plus tard que les œuvres réalisées depuis cette date seront signées de leurs deux noms. Il meurt en 1994 à Hope, dans l’Idaho.
Les environnements
Dans les années 1960, Kienholz crée des environnements dans lesquels le spectateur entre ou qu’il observe de près. Ce sont des reconstitutions de lieux ordinaires ou sordides, peuplés de mannequins et d’objets usés. Parmi les plus célèbres :
- Roxys (1961), reconstitution d’une maison close ;
- Back Seat Dodge ’38 (1964), un couple dans une voiture, dont la présentation au musée du comté de Los Angeles en 1966 provoque un scandale ;
- The State Hospital (1966), une cellule d’hôpital psychiatrique ;
- The Beanery (1965), un bar dont les clients ont des horloges à la place du visage.
Une critique sociale sans concession
Les personnages de Kienholz sont souvent déformés, recouverts de résine, de couleur ou de vernis, avec des visages remplacés par des objets. Leur aspect délabré traduit la détresse, la solitude et l’abandon. L’artiste s’attaque aux institutions, à la religion, au traitement réservé aux malades, à la sexualité réprimée et au racisme ; Five Car Stud, achevé au début des années 1970, met en scène une agression raciste d’une rare brutalité.
L’œuvre à deux mains avec Nancy Reddin Kienholz
À partir des années 1970, le couple partage son temps entre l’Idaho et Berlin. Leurs tableaux et installations, faits d’objets, de peinture et de photographies, parlent de la vie, de la mort et de la peur de mourir, de la guerre et de l’exclusion. Kienholz se considérait d’ailleurs moins comme un sculpteur que comme un peintre, conscient de la contradiction : il construisait ses œuvres en volume mais les pensait en termes d’image et de couleur.
Héritage
L’œuvre de Kienholz occupe une place à part dans l’art américain d’après-guerre : contemporaine du pop art, elle en prend le contre-pied par sa noirceur et son engagement moral. Elle a durablement influencé l’installation et l’art de l’assemblage.



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