Gilles Aillaud
Gilles Aillaud (1928-2005) est un peintre français, figure de la Figuration narrative, connu avant tout pour ses tableaux d’animaux enfermés dans les zoos. Peintre, mais aussi scénographe et auteur de textes, il a défendu dans les années 1960 une peinture figurative engagée, en réaction à l’abstraction alors dominante. Né à Paris, il y est mort en 2005.
Formation et débuts
Gilles Aillaud est le fils de l’architecte Émile Aillaud. Il peint très tôt, puis fait des études de philosophie après la Seconde Guerre mondiale, tout en dessinant à l’Académie de la Grande-Chaumière, à Paris. Après une interruption, il revient à la peinture à la fin des années 1940 et présente sa première exposition personnelle au début des années 1950. Ses premières œuvres, qui mêlent parfois peinture et collage, montrent déjà des oiseaux et des paysages marins.
La Figuration narrative et l’engagement
Dans les années 1960, Aillaud participe au renouveau de la peinture figurative en France, autour du Salon de la Jeune Peinture et du mouvement que le critique Gérald Gassiot-Talabot nomme la Figuration narrative. En 1965, il signe avec Eduardo Arroyo et Antonio Recalcati une série collective de tableaux, Vivre et laisser mourir ou la fin tragique de Marcel Duchamp, qui met en scène de manière provocante la « mise à mort » de Duchamp : une charge contre l’art conceptuel et une affirmation du droit de peindre le réel. En mai 1968, il participe à l’Atelier populaire installé à l’École des beaux-arts de Paris, qui produit les affiches du mouvement.
Les animaux des zoos
Le thème qui a fait sa renommée est celui des animaux de zoo : hippopotames, rhinocéros, otaries, fauves ou singes, peints dans leurs bassins et leurs cages. Aillaud ne les représente ni avec sentimentalité ni comme des symboles appuyés. Il montre, avec une peinture calme et précise, des êtres vivants posés dans un décor de béton, de carrelage et de grilles. Beaucoup de commentateurs y ont vu une réflexion sur l’enfermement et sur le regard que les hommes portent sur le monde naturel.
Paysages, théâtre et commandes
À partir de la fin des années 1970, son œuvre s’ouvre à de vastes paysages : bords de mer, marées basses, rivages, paysages de Grèce ou d’Afrique, à l’huile, à l’aquarelle ou au dessin. Parallèlement, il mène une importante carrière de scénographe : à partir des années 1970, il conçoit décors et costumes pour le théâtre et l’opéra, notamment pour les metteurs en scène Klaus Michael Grüber et Jean Jourdheuil. Il réalise aussi des œuvres pour des commandes publiques.
Une peinture fidèle à son objet
Ce qui unit ces différentes périodes est une même exigence : peindre les choses telles qu’elles se présentent, sans en faire le prétexte d’un effet esthétique. Aillaud a exposé cette conception dans ses propres écrits, où la peinture apparaît comme une manière d’apprendre à voir. Ses œuvres figurent aujourd’hui dans les collections de plusieurs musées français.


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