Keith Haring
Keith Haring (1958-1990) est un artiste américain célèbre pour ses figures stylisées aux contours épais, ses « bébés rayonnants » et ses chiens qui aboient, devenus des icônes de la culture populaire. Issu de la scène artistique du métro et de la rue new-yorkaise des années 1980, il a voulu rendre l’art accessible à tous. Militant engagé, notamment contre le sida, il est mort de cette maladie à 31 ans.
Biographie
Keith Haring naît le 4 mai 1958 à Reading, en Pennsylvanie, et grandit à Kutztown. Après une courte formation en arts graphiques à Pittsburgh, il s’installe à New York en 1978 et entre à la School of Visual Arts. Il fréquente alors la scène alternative de l’East Village, aux côtés d’artistes comme Kenny Scharf et Jean-Michel Basquiat, et se lie plus tard d’amitié avec Andy Warhol.
Dès le début des années 1980, sa notoriété grandit très vite ; il expose dans des galeries et des musées du monde entier tout en continuant à travailler dans l’espace public. Diagnostiqué séropositif à la fin des années 1980, il crée en 1989 la Keith Haring Foundation, destinée à soutenir les associations de lutte contre le sida et les programmes pour l’enfance. Il meurt à New York le 16 février 1990.
Les dessins du métro
Haring se fait d’abord connaître par ses dessins à la craie blanche sur les panneaux publicitaires vides, recouverts de papier noir, des stations de métro new-yorkaises. Réalisés en quelques minutes, sous les yeux des passants, ces dessins lui valent plusieurs interpellations. Il y élabore un vocabulaire visuel simple et immédiatement reconnaissable : personnages en mouvement, bébé entouré de rayons, chien aboyant, soucoupes volantes, cœurs et croix.
Un art pour tous
Haring peint sur tous les supports : toiles, bâches, murs, objets, et même des corps. Ses couleurs sont vives, parfois fluorescentes, et ses lignes énergiques. En 1986, il ouvre à New York, dans le quartier de SoHo, le Pop Shop, une boutique qui vend des tee-shirts, affiches et objets reprenant ses motifs à des prix abordables. Certains lui reprochent cette démarche commerciale ; lui y voit un moyen de faire sortir l’art des cercles fermés des collectionneurs.
Fresques et engagements
Haring réalise de nombreuses fresques murales dans le monde, souvent avec des enfants ou pour des causes sociales :
- Crack is Wack (1986), à Harlem, contre les ravages du crack ;
- une fresque pour l’hôpital Necker-Enfants malades à Paris (1987) ;
- Tuttomondo (1989), à Pise, sur le mur d’un couvent, hymne à la paix et à l’harmonie.
Ses œuvres abordent la sexualité, la mort, le racisme, l’apartheid, la drogue et l’épidémie de sida. Dans ses dernières années, elles se chargent d’images plus sombres et plus violentes. Aujourd’hui, ses motifs restent omniprésents, et ses œuvres figurent dans les collections de grands musées.



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