Maria Elena Vieira da Sîlva
Maria Elena Vieira da Silva, plus souvent orthographiée Maria Helena Vieira da Silva, est une peintre d’origine portugaise naturalisée française, née à Lisbonne en 1908 et morte à Paris en 1992. Figure majeure de l’École de Paris d’après-guerre, elle est célèbre pour ses compositions en damiers et en perspectives fuyantes, qui évoquent des bibliothèques, des villes et des architectures en forme de labyrinthe.
Formation et débuts
Elle étudie le dessin et la peinture à Lisbonne, puis s’installe à Paris en 1928. Elle y fréquente l’Académie de la Grande-Chaumière, où elle étudie d’abord la sculpture, notamment auprès d’Antoine Bourdelle, avant de se consacrer à la peinture auprès de maîtres comme Fernand Léger et Roger Bissière. En 1930, elle épouse le peintre hongrois Árpád Szenes, avec qui elle partagera toute sa vie. Sa première exposition personnelle a lieu à Paris en 1933.
L’exil au Brésil et la reconnaissance
Pendant la Seconde Guerre mondiale, le couple quitte la France et s’installe au Brésil, à Rio de Janeiro, jusqu’en 1947. De retour à Paris, Vieira da Silva voit son œuvre gagner une reconnaissance internationale dans les années 1950. Elle obtient la nationalité française en 1956, en même temps que son mari. En 1966, elle reçoit le Grand prix national des arts, dont elle est la première femme lauréate.
Une œuvre entre abstraction et figuration
Rattachée à l’abstraction lyrique et à la nouvelle École de Paris, la peinture de Vieira da Silva ne rompt pourtant jamais complètement avec le réel. Ses toiles se construisent par une multitude de petits carreaux, de lignes et de plans colorés, qui créent des espaces profonds et instables, entre grille et perspective. Certaines laissent deviner un motif, comme La Bibliothèque (1949) ; d’autres tendent davantage vers l’abstraction. Les thèmes de la ville, de la bibliothèque ou de la gare reviennent souvent, traités comme des labyrinthes de lumière où le regard se perd. Ces espaces enchevêtrés ont souvent été rapprochés de l’architecture.
Vitraux et héritage
À partir du milieu des années 1960, elle conçoit des vitraux pour l’église Saint-Jacques de Reims, transposant dans le verre ses recherches sur la lumière et la construction de l’espace. Elle meurt à Paris en 1992. À Lisbonne, la Fondation Árpád Szenes-Vieira da Silva est consacrée à son œuvre et à celle de son mari. Ses toiles figurent dans les collections de grands musées en Europe et en Amérique, et son travail reste une référence de la peinture abstraite française de la seconde moitié du XXe siècle.
Pour situer l’artiste
- Courant : abstraction lyrique, nouvelle École de Paris.
- Thèmes récurrents : bibliothèques, villes, gares, perspectives.
- Technique : réseau de petits carreaux et de lignes, plans colorés superposés.
- Œuvre monumentale : vitraux de l’église Saint-Jacques de Reims.



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