Citations Sigmund Freud
Les citations de Sigmund Freud qui circulent le plus sont souvent tirées de ses grands ouvrages, mais certaines ont été déformées, et d’autres ne figurent nulle part dans ses écrits. Fondateur de la psychanalyse, Sigmund Freud (1856-1939), médecin viennois, a laissé une œuvre considérable dont les formules frappantes se prêtent à la citation. Voici une sélection de citations dont la source est connue, replacées dans leur contexte, puis quelques formules à manier avec prudence.
Sur le rêve et le jeu
- « Le rêve est le gardien du sommeil. » L’idée vient de L’Interprétation du rêve (1900). Pour Freud, le rêve transforme les excitations qui pourraient réveiller le dormeur en une scène imaginaire qui les satisfait, ce qui permet au sommeil de continuer.
- « L’opposé du jeu n’est pas le sérieux, mais la réalité. » La phrase figure dans l’essai « Le Créateur littéraire et la fantaisie » (1908). Freud y rapproche le jeu de l’enfant, qui prend son jeu très au sérieux, de l’activité du poète et de la rêverie de l’adulte.
Sur l’amour, le bonheur et la civilisation
- « Nous ne sommes jamais aussi mal protégés contre la souffrance que lorsque nous aimons. » Elle est tirée de Malaise dans la civilisation (1930), où Freud passe en revue les moyens par lesquels les hommes cherchent le bonheur et se protègent de la souffrance.
- « La conscience morale est la conséquence du renoncement aux pulsions. » Également dans Malaise dans la civilisation : Freud y soutient que chaque renoncement pulsionnel renforce en retour la sévérité de la conscience.
- Dans le même livre, Freud écrit qu’il ne saurait citer aucun besoin issu de l’enfance aussi fort que le besoin d’être protégé par le père. La version qui circule, « Chez la fille, il n’est pas de désir plus grand que celui de protection par le père », déforme ce passage : Freud n’y parle pas des filles, mais de l’origine du sentiment religieux.
Sur la sexualité
- « L’activité sexuelle s’étaye d’abord sur une fonction servant à la conservation de la vie, et ne s’en rend indépendante que plus tard. » Cette idée, dite de l’étayage, vient des Trois essais sur la théorie sexuelle (1905). Freud prend l’exemple du nourrisson : le plaisir de la succion naît de la tétée, avant de devenir une satisfaction recherchée pour elle-même.
Des citations à manier avec prudence
- « Être normal, c’est aimer et travailler. » Cette formule (en allemand lieben und arbeiten) n’apparaît pas dans les écrits de Freud. Elle est rapportée par le psychanalyste Erik Erikson, comme une réponse orale de Freud à une question sur ce qu’une personne normale doit savoir bien faire.
- « Le bonheur est un rêve d’enfant réalisé dans l’âge adulte. » Très souvent citée, cette phrase est une formulation simplifiée dont la source exacte dans l’œuvre de Freud n’est pas clairement établie. Elle résume toutefois une idée freudienne : la satisfaction profonde serait liée à l’accomplissement de désirs très anciens.
Bien citer Freud
Freud écrivait en allemand, et ses textes ont connu plusieurs traductions françaises, ce qui explique les variantes d’une même phrase. Pour une citation fiable, mieux vaut indiquer l’ouvrage et, si possible, la traduction utilisée. Une formule trouvée sans référence, surtout si elle est très courte et très générale, mérite d’être vérifiée avant d’être attribuée au fondateur de la psychanalyse.

vous devez être connecter pour déposer un commentaire connecter