LÉNINE

> > LÉNINE ; écrit le: 20 avril 2012 par Sameh

Introduction:

En 1917, la Russie bascule dans la révolution. L’économie du pays subit de plus en plus durement les contrecoups de la guerre, et les défaites entraînent des désertions, voire une volonté de rébellion d’une partie des troupes. L’opposition au régime tsariste que représente Nicolas II est alors très diverse, et va du centre droit à l’extrême gauche. En février 1917, le tsar se voit contraint d’abdiquer. Début mars, un soviet prend le pouvoir à Petrograd (Saint- Pétersbourg), tandis que l’assemblée, la Douma, désigne un gouvernement provisoire de centre droit. Ce dernier veut continuer la guerre, quand le soviet demande la signature immédiate de la paix.

L’Allemagne permet alors à Lénine (Vladimir Ilitch Oulianov, dit Lénine, 1870-1924) de rentrer en Russie, espérant grâce à lui se défaire de son ennemi de l’est par une paix séparée. Lénine dirige depuis 1903 la frange « bolchevik » du Parti ouvrier social-démocrate de Russie (POSDR), opposée aux « mencheviks ». À partir de 1907, il quitte la Russie et vit en Finlande d’abord, avant de voyager en Europe, habitant notamment pendant trois ans à Paris. Lors de la révolution de février 1917, il est à Montreux, en Suisse, et les autorités allemandes l’autorisent donc à traverser leur territoire et à gagner la Russie protégé l’immunité diplomatique.

Arrivant à Petrograd, Lénine présente les fameuses «thèses d’avril», qui sont radicales et visent autant à la paix extérieure que la collectivisation intérieure. L’insurrection d’octobre 1917 renverse le gouvernement provisoire dt Kerenski et le pouvoir passe aux bolcheviks. La paix de Brest-Litovsk sera finalement signée en mars 1918, Lénint ayant eu entre-temps maille à partir avec les tenants dt la guerre révolutionnaire qui voulaient la continuer pour exporter la révolution vers les empires centraux.
Après la révolution d’Octobre, Lénine devient président du Conseil des commissaires du peuple et met en place son programme : nationalisation des grandes propriétés agricoles en février 1918, des propriétés industrielles en juin de la même année. La dictature du prolétariat, appuyée sur une police politique toute-puissante, la Tchéka, créée dès décembre 1917, peut commencer.

Discours de LÉNINE:

Thèses d’avril:

Je présente ici ces thèses qui me sont personnelles, accompagnées simplement de très brèves remarques explicatives ; elles ont été développées avec beaucoup plus de détails dans mon rapport.

Thèses:

1.    Aucune concession, si minime soit-elle, au « jusqu’au boutisme révolutionnaire » ne saurait être tolérée dans notre attitude envers la guerre qui, du côté de la Russie, même sous le nouveau gouvernement de Lvov et Cle, est demeurée incontestablement une guerre impérialiste de brigandage en raison du caractère capitaliste de ce gouvernement.
Le prolétariat conscient ne peut donner son consentement à une guerre révolutionnaire, qui justifierait réellement le jusqu’au boutisme révolutionnaire, que si les conditions suivantes sont remplies :
a)    passage du pouvoir au prolétariat et aux éléments pauvres de la paysannerie, proches du prolétariat ;
b)    renonciation effective, et non verbale, à toute annexion ;
c)    rupture totale en fait avec les intérêts du Capital.
Étant donné l’indéniable bonne foi des larges couches
de la masse des partisans du jusqu’au boutisme révolutionnaire qui n’admettent la guerre que par nécessité et non en vue de conquêtes, et étant donné qu’elles sont trompées par la bourgeoisie, il importe de les éclairer sur leur erreur avec une persévérance, une patience et un soin tout particuliers, de leur expliquer qu’il existe un lien indissoluble entre le Capital et la guerre impérialiste, de leur démontrer qu’il est impossible de terminer la guerre par une paix vraiment démocratique et non imposée par la violence, sans renverser le Capital.
Organisation de la propagande la plus large de cette façon de voir dans l’armée combattante.

Fraternisation:

2.    Ce qu’il y a d’original dans la situation actuelle en Russie, c’est la transition de la première étape de la révolution, qui a donné le pouvoir à la bourgeoisie par suite du degré insuffisant de conscience et d’organisation du prolétariat, à sa deuxième étape, qui doit donner le pouvoir au prolétariat et aux couches pauvres de la paysannerie.
Cette transition est caractérisée, d’une part par un maximum de possibilités légales (la Russie est aujourd’hui, de tous les pays belligérants, le plus libre de monde) ; de l’autre, par l’absence de contrainte exercée sur les masses, et enfin, par la confiance irraisonnée des masses à l’égard du gouvernement des capitalistes ces pires ennemis de la paix et du socialisme.
Cette situation originale exige que nous sachions nous adapter aux conditions spéciales du travail du Parti au soin de la masse prolétarienne innombrable qui vient de s’éveiller à la vie politique.
3.    Aucun soutien au gouvernement provisoire ; démontrer le caractère entièrement mensonger de toutes se promesses, notamment de celles qui concernent la renonciation aux annexions. Le démasquer, au lieu d’ “exiger” — ce qui est inadmissible, car c’est semer des illusions — que ce gouvernement, gouvernement de capitalistes, cesse d’être impérialiste.
4.    Reconnaître que notre Parti est en minorité et ne constitue pour le moment qu’une faible minorité, dans la plupart des Soviets des députés ouvriers, en face du bloc de tous les éléments opportunistes petits-bourgeois tombés sous l’influence de la bourgeoisie et qui étendent cette influence sur le prolétariat.
Expliquer aux masses que les Soviets des députés ouvriers sont la seule forme possible de gouvernement révolutionnaire, et que, par conséquent, notre tâche, tant que ce gouvernement se laisse influencer par la bourgeoisie, ne peut être que d’expliquer patiemment, systématiquement, opiniâtrement aux masses les erreurs de leur tactique, en partant essentiellement de leurs besoins pratiques.
Tant que nous sommes en minorité, nous appliquons à critiquer et à expliquer les’ erreurs commises tout en affirmant la nécessité du passage de tout le pou¬voir aux Soviets des députés ouvriers, afin que les masses s’affranchissent de leurs erreurs par l’expérience.
5.    Non pas une république parlementaire – y retourner après les Soviets des députés ouvriers serait un pas en arrière, mais une république des Soviets de députés ouvriers, salariés agricoles et paysans dans le pays tout entier, de la base au sommet.
Suppression de la police, de l’armée et du corps des fonctionnaires.
Le traitement des fonctionnaires, élus et révocables à tout moment, ne doit pas excéder le salaire moyen d’un bon ouvrier.
6.    Dans le programme agraire, reporter le centre de gravité sur les Soviets de députés des salariés agricoles.
Confiscation de toutes les terres des grands propriétaires fonciers.
Nationalisation de toutes les terres dans le pays et leur mise à la disposition des Soviets locaux de députés des salariés agricoles et des paysans. Formation de Soviets de députés des paysans pauvres. Transformation de tout grand domaine (de 100 à 300 hectares environ, en tenant compte des conditions locales et autres et sur la décision des organismes locaux) en une exploitation modèle placée sous le contrôle des députés des salariés agricoles et fonctionnant pour le compte de la collectivité.
7.    Fusion immédiate de toutes les banques du pays en une banque nationale unique placée sous le contrôle des Soviets des députés ouvriers.
8.    Notre tâche immédiate est non pas d’« introduire » le socialisme, mais uniquement de passer tout de suite au contrôle de la production sociale et de la répartition des produits par les Soviets des députés ouvriers.
9.    Tâches du Parti :    «W
a)    convoquer sans délai le congrès du Parti ;
b)    modifier le programme du Parti, principalement 5
I)    sur l’impérialisme et la guerre impérialiste,
II)    sur l’attitude envers l’Etat et notre revendication d’un « État-Commune »,
III)    amender le programme minimum, qui a vieilli ;
c)    changer la dénomination du Parti.
10. Rénover l’internationale.
Prendre l’initiative de la création d’une Internationale révolutionnaire, d’une Internationale contre les social-chauvins et contre le« centre ».

Vidéo : LÉNINE

Vidéo démonstrative pour tout savoir sur : LÉNINE

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