Orgueil citations
Les citations sur l’orgueil traversent toute l’histoire de la pensée morale : vice capital pour la tradition chrétienne, ressort ambigu pour les moralistes, blessure intime pour les romanciers. Cette page réunit des formules souvent reprises dans les recueils et les éclaire par le contexte de leurs auteurs. Les attributions sont celles des recueils de citations : elles méritent d’être vérifiées dans les œuvres avant d’être reprises dans un travail.
Le mot et la notion
L’orgueil est une opinion trop avantageuse de soi, qui conduit à se placer au-dessus des autres. On le distingue de la fierté, qui peut être légitime, et de la vanité, qui recherche l’admiration pour des avantages souvent futiles. Le mot viendrait du francique urgōli, « fierté ». La tradition chrétienne range l’orgueil parmi les péchés capitaux, et le pape Grégoire le Grand le tenait pour la racine de tous les vices.
L’orgueil qui précède la chute
Le livre biblique des Proverbes affirme déjà que « l’orgueil précède la ruine ». Une maxime attribuée au roi Louis XI reprend cette idée en des termes proches d’un vieux proverbe :
Lorsque l’orgueil va devant, honte et dommage le suivent
Le théâtre de Shakespeare est peuplé de grands orgueilleux punis par leur démesure ; les recueils lui prêtent cette sentence :
Les orgueilleux ne laissent pas de gloire derrière eux
Voltaire, qui moqua sans relâche les prétentions humaines, se voit attribuer le remède :
L’humilité est le contrepoison de l’orgueil.
Ce que l’orgueil cache
Balzac, observateur des ambitions dans La Comédie humaine, décrit un orgueil qui dissimule ses efforts :
Beaucoup d’hommes ont un orgueil qui les pousse à cacher leurs combats et à ne se montrer que victorieux
L’image des « trous » à travers lesquels l’orgueil se laisse voir est ancienne : Diogène Laërce rapporte que Socrate reprochait au philosophe Antisthène d’exhiber sa vanité par les trous de son manteau. La formule attribuée à Victor Hugo la transpose avec cruauté :
Un sot est un imbécile dont on voit l’orgueil à travers les trous de son intelligence
André Gide, qui fit de la sincérité envers soi-même le cœur de son œuvre, est crédité de ce rapprochement :
La hauteur de l’orgueil se mesure à la profondeur du mépris
L’orgueil blessé
Friedrich Nietzsche a consacré une large part de son œuvre à la psychologie des sentiments moraux ; les recueils lui prêtent ce diagnostic sur la cruauté :
La cruauté est le remède de l’orgueil blessé
La romancière québécoise Marie-Claire Blais, prix Médicis 1966 pour Une saison dans la vie d’Emmanuel, est créditée d’une remarque plus légère :
Une gifle, cela ne blesse que l’orgueil
Victor Hugo, enfin, se voit attribuer une défense inattendue de l’orgueil, qui rejoint l’art des moralistes du XVIIe siècle de trouver un bon effet à un défaut :
L’orgueil a cela de bon qu’il préserve de l’envie

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