Timidité citations
Les citations sur la timidité révèlent combien ce trait de caractère a intrigué écrivains et philosophes : faiblesse pour les uns, forme de délicatesse pour les autres, symptôme de l’amour naissant ou frein au progrès des arts, la timidité change de sens selon l’époque et le regard. Cette page rassemble les formules les plus marquantes et les replace dans leur contexte.
La timidité vue par les moralistes et les philosophes
Les moralistes aiment débusquer, derrière une vertu apparente, un mobile moins glorieux. Nietzsche retourne ainsi la générosité en la rattachant à la peur de déplaire :
La libéralité n’est souvent. . . qu’une sorte de timidité
Au XVIIIe siècle, Madame de Caylus, nièce de Madame de Maintenon et mémorialiste de la cour de Louis XIV, observe que la timidité entretenue devient sauvagerie :
La timidité rend les hommes farouches, quand ils se font surtout un devoir de ne pas la surmonter.
Jean-Jacques Rousseau, dont les Confessions décrivent longuement sa propre timidité, la range parmi les handicaps que la société impose aux femmes, dans une formule qui reflète les préjugés de son temps :
La femme a tout contre elle, nos défauts, sa timidité, sa faiblesse
La timidité et l’amour
Les romanciers ont fait de la timidité le premier signe du sentiment amoureux. Erich Maria Remarque, l’auteur d’À l’Ouest, rien de nouveau, en tire une observation en miroir :
Le premier symptôme de l’amour vrai chez un jeune homme, c’est la timidité, chez une jeune fille, c’est la hardiesse.
Le romancier contemporain Philippe Besson y voit, chez l’homme, un charme plutôt qu’un défaut :
La timidité chez un homme est une faiblesse charmante
La timidité comme frein
Le mot peut aussi qualifier une attitude collective, prudente à l’excès. Dans la querelle musicale du XVIIIe siècle qui opposait partisans de la musique italienne et défenseurs de la tradition française, le mathématicien et encyclopédiste d’Alembert reprochait à ses compatriotes une timidité qui les empêchait d’innover :
La passion pour le changement corrompt la musique au delà des Alpes, et une timidité superstitieuse en retarde les progrès parmi nous
Ce que ces citations nous apprennent
Trois idées reviennent. La timidité est ambivalente : elle peut passer pour de la politesse ou de la délicatesse, mais elle prive celui qui en souffre de moyens d’agir. Elle est révélatrice : elle trahit un sentiment que l’on voudrait cacher, et c’est pourquoi les romanciers l’observent avec tant d’attention. Enfin, elle se travaille : Madame de Caylus le dit clairement, c’est en renonçant à la surmonter qu’on la laisse devenir un mur. La psychologie moderne distingue d’ailleurs la timidité ordinaire, trait de tempérament répandu, de l’anxiété sociale invalidante, qui relève d’un accompagnement professionnel.

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