Alberto Burri
Alberto Burri est un artiste italien (1915-1995), peintre et sculpteur, connu pour ses œuvres réalisées avec des matériaux pauvres : toile de jute usée, bois, fer, plastique brûlé ou argile craquelée. Médecin de formation, il s’est tourné vers l’art après la Seconde Guerre mondiale et compte parmi les grandes figures de l’art informel européen.
Du médecin militaire au peintre
Alberto Burri naît en 1915 à Città di Castello, en Ombrie. Il fait des études de médecine et sert comme médecin dans l’armée italienne pendant la Seconde Guerre mondiale. Fait prisonnier en Afrique du Nord en 1943, il est interné dans un camp de prisonniers à Hereford, au Texas. C’est là qu’il commence à peindre. De retour en Italie, il s’installe à Rome et abandonne la médecine pour se consacrer entièrement à l’art.
En 1951, il participe à la fondation du groupe Origine, aux côtés notamment de Giuseppe Capogrossi, qui défend un art dépouillé, opposé au décoratif.
Les Sacs et les matériaux pauvres
Au début des années 1950, Burri réalise ses Sacchi (« Sacs ») : des toiles de jute usées, rapiécées, cousues et parfois tachées de rouge, tendues sur châssis. Ces surfaces abîmées évoquent des plaies suturées et ont souvent été lues comme une méditation sur les blessures de la guerre, même si l’artiste refusait les interprétations trop littérales et insistait sur la dimension formelle de son travail.
Il explore ensuite d’autres matières, soumises à l’action du feu ou du temps : les Combustioni (bois, papier ou plastique brûlés), les Legni (bois), les Ferri (tôles soudées), les Plastiche, où le plastique fondu se troue et se boursoufle. À partir des années 1970 viennent les Cretti, surfaces craquelées comme une terre sèche, puis des œuvres en Cellotex, un matériau industriel aggloméré.
Le Grande Cretto de Gibellina
Son œuvre la plus monumentale est le Grande Cretto, à Gibellina, en Sicile. Sur les ruines de la ville détruite par le tremblement de terre de 1968, Burri a fait recouvrir les décombres de béton blanc, en conservant le tracé des anciennes rues. Le site, visible du ciel comme une immense plaque fissurée, est l’une des plus vastes œuvres de land art au monde et un lieu de mémoire.
Héritage
Alberto Burri meurt en 1995 en France, sur la Côte d’Azur. Son usage de matériaux humbles a influencé l’Arte povera italien et, plus largement, l’art qui fait de la matière elle-même le sujet de l’œuvre. Une fondation qui porte son nom présente un vaste ensemble de ses travaux dans sa ville natale de Città di Castello, répartis entre un palais de la Renaissance et d’anciens séchoirs à tabac.

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