Brice Marden
Brice Marden (1938-2023) est un peintre américain associé au minimalisme, connu pour ses panneaux monochromes peints à l’huile et à la cire d’abeille, puis pour ses grandes toiles parcourues de lignes entrelacées inspirées de la calligraphie chinoise. Né le 15 octobre 1938 à Bronxville, dans l’État de New York, il est mort le 9 août 2023. Il a vécu et travaillé principalement à New York.
Formation
Brice Marden étudie à l’université de Boston, dont il sort diplômé en 1961, puis à l’école d’art de l’université Yale, où il obtient sa maîtrise en 1963. Il s’installe ensuite à New York. Au milieu des années 1960, il travaille comme assistant du peintre Robert Rauschenberg, tout en développant son propre langage pictural. Il expose pour la première fois individuellement à New York au milieu des années 1960.
Les monochromes à la cire
Ses premières œuvres marquantes sont des panneaux rectangulaires d’une seule couleur, souvent sourde (gris, olive, ocre), réalisés avec un mélange de peinture à l’huile et de cire d’abeille appliqué en couches successives. La surface mate et dense laisse souvent visible, en bas du tableau, une étroite bande où apparaissent les coulures du travail. Il associe ensuite plusieurs panneaux, côte à côte ou superposés, en diptyques et triptyques, explorant les rapports entre couleurs et proportions. Cette rigueur le fait rattacher au minimalisme, même si sa peinture garde une sensibilité à la lumière et à la nature qui l’en distingue.
Le tournant de la calligraphie
Au cours des années 1980, Marden s’intéresse à la calligraphie et à la poésie chinoises. Il commence à peindre des lignes sinueuses, tracées avec de longues tiges ou des pinceaux à long manche, qui se croisent et se superposent sur des fonds clairs. La série Cold Mountain, peinte de 1988 à 1991, tire son titre du poète chinois Han Shan, dont le nom signifie « Montagne froide ». Ces œuvres marquent un passage du monochrome à une peinture gestuelle, tout en conservant une grande retenue.
Thèmes et références
L’œuvre de Brice Marden dialogue constamment avec l’histoire de l’art, de la peinture ancienne aux expressionnistes abstraits. Les séjours qu’il fait sur l’île grecque d’Hydra, où il passe de nombreux étés, nourrissent son attention à la lumière méditerranéenne et à la couleur. On retrouve dans ses titres des références à la mythologie, comme dans la série consacrée aux Muses, et à la spiritualité, dans des compositions en forme de croix ou d’annonciation.
Reconnaissance
Le Museum of Modern Art de New York lui consacre une grande rétrospective en 2006. Ses œuvres figurent dans les collections des principaux musées d’art moderne et contemporain. Il est considéré comme l’un des peintres abstraits américains les plus importants de sa génération, pour avoir su relier la rigueur du minimalisme à une peinture du geste et de la sensation.



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