Cristina Iglesias
Cristina Iglesias est une sculptrice espagnole née en 1956 à Saint-Sébastien, au Pays basque. Elle compte parmi les artistes espagnoles contemporaines les plus reconnues sur la scène internationale, pour des œuvres qui tiennent à la fois de la sculpture, de l’architecture et de l’installation : passages, pièces fermées par des treillis, parois végétales et fontaines.
Formation
À la fin des années 1970, Cristina Iglesias étudie la céramique et le dessin à Barcelone, puis la sculpture à Londres, à la Chelsea School of Art, au début des années 1980. Ces deux villes l’ouvrent à la sculpture internationale de l’époque, en particulier à la scène britannique. Elle a été l’épouse de l’artiste Juan Muñoz, mort en 2001, figure majeure de la sculpture espagnole de sa génération.
Les premières œuvres
Dans les années 1980, elle associe le fer et le ciment à des matériaux plus délicats, comme le verre, l’albâtre ou le bois, en jouant sur les tensions entre éléments rigides et éléments fragiles. Ses sculptures, posées au sol, appuyées contre les murs ou suspendues, évoquent des architectures : niches, alcôves, auvents. Elles sont conçues en fonction de l’espace d’exposition, que le visiteur est invité à parcourir autrement.
Treillis, passages et chambres végétales
À partir des années 1990, elle développe des séries devenues caractéristiques. Ses jalousies (celosías) sont des panneaux ajourés, parfois formés de lettres composant des textes, qui filtrent la lumière et projettent des ombres. Ses chambres végétales sont des espaces fermés dont les parois, moulées en résine ou en bronze, imitent un enchevêtrement de feuilles et de branches. Ses passages suspendus sont des plafonds tressés sous lesquels on circule. Elle réalise aussi des sérigraphies sur soie ou sur cuivre, à partir de photographies de maquettes de ses sculptures, qui confinent à l’abstraction.
L’eau et l’espace public
L’eau occupe une place croissante dans son travail, avec des fontaines et des bassins où elle apparaît et disparaît dans des reliefs qui évoquent des fonds marins ou des végétaux. Parmi ses commandes publiques figurent les portes de bronze de l’extension du musée du Prado à Madrid, inaugurée en 2007, la Deep Fountain devant le musée royal des Beaux-Arts d’Anvers et Hondalea, installée en 2021 dans le phare de l’île Santa Clara, dans la baie de Saint-Sébastien.
Une œuvre de seuils
Pour Cristina Iglesias, la sculpture est un lieu à habiter plutôt qu’un objet à contempler. Ses œuvres jouent sur la lumière, l’ombre, le reflet et le passage du temps ; elles invitent le spectateur à se déplacer, à changer de point de vue et à éprouver l’espace. Les matériaux eux-mêmes semblent changer de nature : le bronze imite les feuillages, la résine reproduit des fonds rocheux, l’acier devient dentelle. Ses œuvres ont été exposées dans de grands musées d’Europe et d’Amérique et figurent dans de nombreuses collections publiques.



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