Gabriel Orozco
Gabriel Orozco est un artiste mexicain né en 1962 à Xalapa, dans l’État de Veracruz, connu pour des sculptures, des photographies et des interventions qui transforment des objets et des situations ordinaires. Il est l’une des figures majeures de l’art contemporain international depuis les années 1990.
Formation et débuts
Fils du peintre muraliste Mario Orozco Rivera, Gabriel Orozco étudie à l’École nationale d’arts plastiques de Mexico de 1981 à 1984, puis au Círculo de Bellas Artes de Madrid en 1986 et 1987. De retour à Mexico, il anime à la fin des années 1980 un atelier informel, le « Taller de los viernes » (l’atelier du vendredi), où se réunissent de jeunes artistes comme Gabriel Kuri, Damián Ortega et Abraham Cruzvillegas, devenus à leur tour des noms reconnus.
Sa reconnaissance internationale s’affirme au début des années 1990. Il partage depuis sa vie entre plusieurs villes, dont Mexico et New York.
Une œuvre faite de presque rien
Orozco travaille souvent avec des objets trouvés et de petites interventions, dont la photographie garde la trace. Ses œuvres naissent de déplacements minimes, qui obligent à regarder autrement ce qui nous entoure :
- Cats and Watermelons (1992) : des boîtes de pâtée pour chat posées sur des pastèques dans un supermarché ;
- Yielding Stone (1992) : une boule de pâte à modeler de son propre poids, roulée dans les rues, qui recueille poussières et empreintes ;
- Empty Shoe Box (1993) : une boîte à chaussures vide posée au sol, présentée à la Biennale de Venise ;
- La DS (1993) : une Citroën DS découpée dans sa longueur, privée de sa partie centrale puis réassemblée, devenue un véhicule étroit et inutilisable ;
- la Table de billard ovale (1996), où un pendule remplace une bille et où les règles du jeu deviennent incertaines ;
- Black Kites (1997) : un crâne humain couvert d’un damier dessiné au graphite.
Les « tables de travail »
Orozco expose aussi des ensembles de petits objets, d’essais et de fragments disposés sur des tables. Ces « tables de travail » montrent le processus de création lui-même, à côté du dessin, du collage et de la photographie, qui occupent une place importante dans son travail. Il a également développé une œuvre peinte, fondée sur des cercles et des motifs géométriques.
Reconnaissance
En 2009, le Museum of Modern Art de New York lui consacre une grande rétrospective, présentée ensuite notamment au Centre Pompidou à Paris et à la Tate Modern à Londres. Ses œuvres figurent dans de nombreuses collections publiques.
Une démarche
Héritier, par certains aspects, du ready-made de Marcel Duchamp et de l’art conceptuel, Orozco s’intéresse moins à l’objet fini qu’au geste qui le transforme et à l’expérience du spectateur. Le jeu, le hasard, la circulation dans la ville et les formes circulaires reviennent souvent dans son travail, qui cherche à rendre sensibles des relations entre les choses plutôt qu’à produire des objets spectaculaires.


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