Henri Michaux
Henri Michaux est un écrivain, poète et peintre né le 24 mai 1899 à Namur, en Belgique, et mort le 19 octobre 1984 à Paris. Installé en France dans les années 1920, naturalisé français en 1955, il a construit une œuvre singulière, à la fois littéraire et plastique, entièrement tournée vers l’exploration de ce qu’il appelait « l’espace du dedans ». Inclassable, il s’est tenu à l’écart des écoles, y compris du surréalisme, dont il partageait pourtant certaines curiosités.
Les débuts et les voyages
Après des études interrompues et un bref engagement comme matelot, Henri Michaux découvre la littérature moderne et se fixe à Paris au début des années 1920. Les voyages occupent une place importante dans sa jeunesse : il en tire Ecuador (1929), journal d’un séjour en Amérique du Sud, puis Un barbare en Asie (1933). Ces livres ne décrivent pas tant les pays traversés que le regard de celui qui les traverse.
Une œuvre poétique tournée vers l’intérieur
Ses recueils mêlent poèmes, proses et récits imaginaires. Plume, personnage maladroit et malmené par le monde, devient l’une de ses figures les plus connues. Il invente aussi des pays et des peuples fictifs, à la manière d’un ethnographe de l’imaginaire, réunis plus tard dans Ailleurs. L’anthologie L’Espace du dedans (1944) rassemble un large choix de ses textes et donne son titre à l’expression qui résume sa démarche.
Le peintre
Henri Michaux commence à exposer ses peintures à la fin des années 1930. Il pratique l’aquarelle, la gouache, puis l’encre de Chine, avec des signes, des taches et des silhouettes qui semblent en mouvement. Le peintre ne se voulait pas un illustrateur de ses poèmes : la peinture était pour lui un autre langage, plus direct, qui lui permettait de commencer « à zéro », hors des mots.
En 1948, la mort de sa femme, gravement brûlée dans un accident, l’éprouve profondément. Il s’engage alors dans une peinture de plus en plus libre, dont la série des Meidosems, créatures fragiles et changeantes auxquelles il consacre aussi des textes.
Les expériences de la mescaline
À partir du milieu des années 1950, Henri Michaux fait des expériences avec la mescaline et d’autres substances, afin d’observer les transformations de sa perception et de sa pensée. Il en tire des livres comme Misérable miracle (1956), L’Infini turbulent (1957) et Connaissance par les gouffres (1961), ainsi que de nombreux dessins fourmillant de lignes. Ces textes relèvent davantage de l’observation lucide que de l’apologie : il y décrit autant les dangers que les découvertes.
Un auteur discret et reconnu
Henri Michaux refusait les honneurs et se méfiait de la célébrité ; il déclina notamment le Grand prix national des lettres en 1965. Son œuvre, publiée pour l’essentiel chez Gallimard et réunie dans la Bibliothèque de la Pléiade, est aujourd’hui considérée comme l’une des plus originales de la poésie française du XXe siècle, et ses peintures figurent dans de grandes collections publiques.



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