Larry Poons
Larry Poons est un peintre américain né en 1937 à Tokyo, connu d’abord pour ses toiles couvertes de points colorés qui semblent vibrer, rattachées à l’art optique (op art) des années 1960, puis pour des peintures abstraites aux couleurs coulées et aux surfaces de plus en plus épaisses. Sa carrière, longue de plus de soixante ans, illustre le passage de l’abstraction géométrique à une peinture plus gestuelle.
Formation : de la musique à la peinture
Né au Japon de parents américains, Larry Poons grandit aux États-Unis. Il se destine d’abord à la musique et étudie la composition au conservatoire de musique de la Nouvelle-Angleterre, à Boston. Il se tourne ensuite vers la peinture et suit brièvement les cours de l’école du musée des Beaux-Arts de Boston, avant de s’installer à New York.
Sa formation musicale a souvent été mise en avant pour expliquer ses premières œuvres : leur organisation rythmique, faite de répétitions et de décalages, évoque une partition. On cite aussi l’influence de Piet Mondrian, notamment de ses toiles new-yorkaises construites sur des rythmes de petits carrés colorés, et l’intérêt de Poons pour la musique expérimentale de John Cage.
Les peintures à points
Au début des années 1960, Poons peint de grandes toiles monochromes sur lesquelles se répartissent de petits points ou ellipses de couleur vive. Leur disposition, préparée sur papier quadrillé, paraît aléatoire, mais elle est calculée. Les couleurs, choisies pour leur contraste avec le fond, produisent à l’œil des images rémanentes : les points semblent sautiller et se dédoubler.
Ces œuvres le font connaître rapidement. Sa première exposition personnelle a lieu en 1963 à New York, et il figure en 1965 dans l’exposition « The Responsive Eye » du Museum of Modern Art, qui consacre l’op art auprès du grand public. Poons a pourtant toujours refusé d’être réduit à ce courant.
Couleurs coulées et matière épaisse
À partir de la fin des années 1960, son travail change profondément. Il abandonne la géométrie et laisse couler la peinture sur la toile, puis la projette, obtenant de longues traînées verticales qui recouvrent toute la surface, selon le principe du « all-over » hérité de l’expressionnisme abstrait. Ces toiles évoquent parfois des cascades ou des paysages, sans rien représenter.
Dans les décennies suivantes, la matière devient de plus en plus présente : Poons accumule les couches, mêle à la peinture d’autres matériaux et crée des surfaces en relief, très chargées. Plus tard encore, ses grandes compositions colorées et foisonnantes laissent parfois apparaître des formes qui rappellent la figuration.
Place dans l’art américain
Associé à la peinture abstraite américaine des années 1960, aux côtés des peintres de la couleur, Larry Poons a connu une notoriété très précoce, puis des périodes plus discrètes, sans jamais cesser de peindre ni de renouveler sa manière. Il a longtemps enseigné à l’Art Students League de New York, transmettant à plusieurs générations d’élèves une approche exigeante de la couleur. Ses toiles figurent dans les collections de nombreux musées américains.



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