Leon Kossoff
Leon Kossoff (1926-2019) est un peintre britannique, l’une des figures majeures de ce que l’on a appelé l’« école de Londres », aux côtés de Frank Auerbach, Lucian Freud ou Francis Bacon. Toute sa vie, il a peint et dessiné la ville de Londres et les personnes de son entourage, dans une peinture figurative à la matière très épaisse.
Une formation londonienne
Né à Londres dans une famille juive d’origine immigrée, Leon Kossoff grandit dans l’est de la ville. Il étudie à la Saint Martin’s School of Art, suit les cours du soir du peintre David Bomberg, dont l’enseignement marque aussi Frank Auerbach, puis poursuit sa formation au Royal College of Art dans les années 1950. Sa première exposition personnelle a lieu en 1957.
À une époque où l’abstraction domine, il choisit délibérément la figuration et s’y tient, sans se soucier des avant-gardes successives.
Londres comme sujet
La ville est son sujet de prédilection. Kossoff peint des lieux qu’il connaît intimement et qu’il revisite pendant des années :
- des gares et des stations de métro, avec leurs foules en mouvement ;
- des rues, des carrefours et des voies ferrées du nord et de l’est de Londres ;
- la piscine municipale pour enfants de Willesden, motif qu’il reprend plusieurs fois ;
- l’église Christ Church de Spitalfields, monument baroque de Nicholas Hawksmoor.
Les personnages qui peuplent ces scènes semblent anonymes, mais ils sont observés de près, parfois dessinés sur place avant d’être repris dans l’atelier.
Portraits et nus
Parallèlement, Kossoff peint des portraits et des nus. Ses modèles sont presque toujours des proches : ses parents, des membres de sa famille, des amis. Les séances de pose sont longues et répétées ; le tableau est souvent repris, gratté puis recommencé jusqu’à ce que l’image tienne. Il en résulte une couche picturale épaisse, travaillée en larges coups de pinceau, qui donne à ses toiles une présence physique très forte.
Le dialogue avec les maîtres anciens
Une part importante de son œuvre consiste en dessins et en peintures d’après les maîtres anciens, en particulier Nicolas Poussin, mais aussi Rembrandt ou Rubens. Kossoff se rendait régulièrement à la National Gallery pour dessiner devant les tableaux, non pour les copier, mais pour comprendre leur construction et en retrouver l’énergie. La National Gallery a d’ailleurs exposé ces travaux.
Reconnaissance
En 1995, Leon Kossoff représente la Grande-Bretagne à la Biennale de Venise. Il meurt à Londres en 2019. Ses œuvres figurent dans les principales collections britanniques et dans de nombreux musées étrangers. Son travail reste une référence pour la peinture figurative de la seconde moitié du XXᵉ siècle : une peinture d’observation obstinée, fidèle à quelques lieux et à quelques visages.




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