Philippe Cognée
Philippe Cognée est un peintre français né en 1957 à Nantes, connu pour sa technique singulière : il peint à l’encaustique, une peinture à base de cire, d’après ses propres photographies, puis chauffe et écrase la surface au fer à repasser. Ses tableaux de villes, d’immeubles, d’objets ou d’intérieurs semblent ainsi se dissoudre dans la matière, comme des images en train de s’effacer.
Un parcours entre l’Afrique et Nantes
Philippe Cognée passe sa jeunesse au Bénin, où il vit jusqu’en 1974, avant de rentrer en France pour y faire des études d’art. Sa première exposition personnelle a lieu en 1982. Il vit et travaille près de Nantes, tout en exposant en France et à l’étranger.
Des figures à la peinture du quotidien
Au début des années 1980, Philippe Cognée peint des figures et des scènes mythologiques, et réalise des sculptures en bois grossièrement taillées. À partir des années 1990, son travail change de nature. Il part désormais d’images qu’il capte lui-même, photographies ou vidéos tournées au caméscope, pour peindre la réalité la plus ordinaire : paysages urbains, gares, immeubles, intérieurs, monuments, meubles, objets familiers et portraits. Au début des années 2000, il réalise aussi une série consacrée aux carcasses d’animaux vues à l’abattoir, sujet qui rappelle une longue tradition picturale.
Une technique : l’encaustique écrasée
L’encaustique est une technique très ancienne : les pigments y sont liés par de la cire chauffée, que l’on applique à chaud. Les portraits funéraires du Fayoum, dans l’Égypte romaine, en sont un exemple célèbre. Philippe Cognée en a fait un usage personnel :
- il choisit une image tirée de ses photographies ou de ses vidéos ;
- il la peint à l’encaustique sur bois ou sur toile ;
- dans une dernière étape, il chauffe la surface au fer à repasser, ce qui fait fondre la cire et l’étale, brouillant les contours.
Le résultat tient à la fois de la photographie et de la peinture : l’image reste reconnaissable, mais elle paraît floue, liquéfiée ou abîmée, comme une vue sortie de la mémoire plutôt que du réel. La part de hasard introduite par la chaleur fait de chaque tableau une pièce unique.
Une peinture de la disparition
L’œuvre de Philippe Cognée interroge la manière dont nous regardons les images qui nous entourent. En choisissant des sujets banals, souvent anonymes, puis en les faisant se fondre dans la cire, il tente de faire disparaître les formes dans la matière et dans la lumière. Ses tableaux mêlent ainsi la précision du document et l’indistinct de la sensation : de loin, la scène se lit nettement ; de près, elle se défait en coulures et en empâtements. Cette tension entre la surface lisse de l’image et l’épaisseur de la peinture est au cœur de sa démarche.
Pour découvrir son travail
Les œuvres de Philippe Cognée sont présentées dans des galeries et des institutions, en France comme à l’étranger. Voir ses tableaux en vrai permet de mesurer ce que les reproductions ne rendent pas : le relief de la cire, ses reflets et la profondeur que lui donne la chaleur.


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