Martial Raysse
Martial Raysse est un peintre, sculpteur et cinéaste français, né en 1936 à Golfe-Juan, sur la Côte d’Azur. Membre fondateur du Nouveau Réalisme en 1960, il s’est d’abord fait connaître par des œuvres aux couleurs acides, proches du pop art, faites de néons, d’objets manufacturés et d’images publicitaires, avant de revenir à une peinture figurative nourrie par l’histoire de l’art.
Débuts niçois et Nouveau Réalisme
Martial Raysse commence par écrire de la poésie et suivre des études de lettres, tout en réalisant ses premiers assemblages d’objets à la fin des années 1950. Il expose pour la première fois à Nice. Le 27 octobre 1960, il fait partie des signataires de la déclaration constitutive du Nouveau Réalisme, rédigée par le critique Pierre Restany, aux côtés notamment d’Yves Klein, Arman, Jean Tinguely, Daniel Spoerri, Raymond Hains et Jacques Villeglé.
Le groupe rejette l’abstraction alors dominante et cherche de « nouvelles approches perceptives du réel » en s’appropriant directement les objets et les images de la société de consommation.
Les années pop : néon, plastique et images
Au cours des années 1960, Raysse expose aussi aux États-Unis. Il compose des étalages d’objets en plastique neufs et colorés, puis des tableaux à partir de photographies agrandies de visages féminins, retouchées de couleurs fluorescentes et parfois traversées de tubes de néon. La série « Hygiène de la vision » et les « Made in Japan », où il reprend avec ironie des chefs-d’œuvre comme La Grande Odalisque d’Ingres, sont parmi ses ensembles les plus célèbres. Il emploie le néon comme une « couleur vivante ».
À la fin des années 1960, il découpe des silhouettes de profils, puis se tourne vers le cinéma expérimental et prend ses distances avec l’esthétique de la consommation.
Le retour à la peinture
Dans les années 1970, Martial Raysse quitte la scène parisienne et s’installe dans le Sud-Ouest, en Dordogne. Il réapprend patiemment les techniques traditionnelles, la détrempe et la peinture à l’huile, et peint des natures mortes, des paysages et des scènes intimes. À partir des années 1980, il réalise de grandes compositions peuplées de personnages, où le mythe, la fête populaire et la satire du monde contemporain se mêlent aux références aux maîtres anciens.
Il pratique aussi la sculpture en bronze et a réalisé des projets monumentaux dans l’espace public, notamment à Nîmes.
Reconnaissance
Longtemps perçu comme un artiste à part, qui a tourné le dos au succès du pop art, Martial Raysse a fait l’objet d’une grande rétrospective au Centre Pompidou à Paris en 2014. Ses œuvres sont conservées dans de nombreux musées en France et à l’étranger. Son parcours illustre un trajet rare : celui d’un pionnier de l’art des objets et des néons qui a choisi de renouer avec la peinture figurative.


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