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Charles de Gaulle

Vous êtes ici : » » Charles de Gaulle ; écrit le: 23 avril 2012 par Sameh

Charles de GaulleIntroduction:

Le 3 juin 1958, Charles de Gaulle est appelé par le président René Coty pour former un nouveau gouvernement. En Algérie, la situation de guerre larvée, de guerre qui n’ose pas dire son nom, dure depuis la Toussaint 1954. Le 13 mai, la foule a envahi le siège du Gouvernement général, portant à la tête d’un Comité de salut public le général Massu. Celui-ci a aussitôt demandé que Ton fasse appel à l’homme du 18 juin pour sauver la patrie en danger. Les militaires sont las des tergiversations de politiques qui subissent les « poisons et délices » de la IV République, de cette IV que de Gaulle n’a jamais acceptée et dont il va accélérer la fin en décidant de changer de régime plutôt que de réformer l’ancien.
Le 4 juin, il arrive à Alger pour prendre sur place la mesure de ces événements qui viennent de mettre fin à son exil politique. Massu et Salan représentent l’armée, Jacques Soustelle le politique, membre du nouveau gouvernement et favorable à l’Algérie française, Ortiz et Lagaillarde la population algéroise. L’accueil est triomphal, et de Gaulle se rend à son tour sur le balcon du Gouvernement général. C’est là qu’il débute son discours par cette célèbre formule : « Je vous ai compris ! » Pour tous ceux qui l’écoutent ou presque, l’Algérie française est sauvée.

Mais ce discours comporte aussi des éléments qui feront grincer des dents : si certains acceptent à la rigueur de considérer les populations indigènes comme des « Français à part entière », c’est à la condition d’éviter de donner à cette majorité démographique une majorité politique. Or de Gaulle évoque bien, il le dit et le répète, l’instauration d’un « collège unique » qui va dans ce sens. Et il a conscience que la grande question sera la légitimité que donnera à la future consultation la participation effective des populations indigènes.
Reste que cette fameuse formule initiale laissera beaucoup de rancœurs chez nombre d’Européens d’Algérie, lorsque les départements français s’achemineront vers l’indépendance et que le Front de libération nationale (FLN) arrivera au pouvoir.



Discours de Charles de Gaulle:

JE VOUS AI COMPRIS !
Je vous ai compris !
Je sais ce qui s’est passé ici. Je vois ce que vous avez voulu faire. Je vois que la route que vous avez ouverte en Algérie, c’est celle de la rénovation et de la fraternité.
Je dis la rénovation à tous égards. Mais très justement vous avez voulu que celle-ci commence par le commencement, c’est à dire par nos institutions, et c’est pourquoi me voilà. Et je dis la fraternité parce que vous offrez ce spectacle magnifique d’hommes qui, d’un bout à l’autre, quelles que soient leurs communautés, communient dans la même ardeur et se tiennent par la main.
Eh bien ! de tout cela, je prends acte au nom de la France et je déclare qu’à partir d’aujourd’hui, la France considère que, dans toute l’Algérie, il n’y a qu’une seule catégorie d’habitants : il n’y a que des Français à part entière, des Français à part entière, avec les mêmes droits et les mêmes devoirs.
Cela signifie qu’il faut ouvrir des voies qui, jusqu’à présent, étaient fermées devant beaucoup.
Cela signifie qu’il faut donner les moyens de vivre à ceux qui ne les avaient pas.
Cela signifie qu’il faut reconnaître la dignité de ceux à qui on la contestait.
Cela veut dire qu’il faut assurer une patrie à ceux qui pouvaient douter d’en avoir une.
L’armée, l’armée française, cohérente, ardente, disciplinée, sous les ordres de ses chefs, l’armée éprouvée en tant de circonstances et qui n’en a pas moins accompli ici une œuvre magnifique de compréhension et de pacification, l’armée française a été sur cette terre le ferment, le témoin, et elle est le garant, du mouvement qui s’y est développé.
Elle a su endiguer le torrent pour en capter l’énergie, je lui rends hommage. Je lui exprime ma confiance. Je compte sur elle pour aujourd’hui et pour demain.
Français à part entière, dans un seul et même collège ! Nous allons le montrer, pas plus tard que dans trois mois, dans l’occasion solennelle où tous les Français, y compris les dix millions de Français d’Algérie, auront à décider de leur propre destin.
Pour ces dix millions de Français, leurs suffrages compteront autant que les suffrages de tous les autres.
Ils auront à désigner, à élire, je le répète, en un seul collège leurs représentants pour les pouvoirs publics, comme le feront tous les autres Français.
Avec ces représentants élus, nous verrons comment faire le reste.
Ah ! puissent-ils participer en masse à cette immense démonstration tous ceux de vos villes, de vos douars, de vos plaines, de vos djebels ! Puissent-ils même y participer ceux qui, par désespoir, ont cru devoir mener sur ce sol un combat dont je reconnais, moi, qu’il est courageux… car le courage ne manque pas sur la terre d’Algérie, qu’il est courageux mais qu’il n’en est pas moins cruel et fratricide !
Oui, moi, de Gaulle, à ceux-là, j’ouvre les portes de la réconciliation.
Jamais plus qu’ici et jamais plus que ce soir, je n’ai compris combien c’est beau, combien c’est grand, combien c’est généreux, la France !
Vive la République !
Vive la France !

charles de gaulle:

Introduction:

La politique menée en Algérie par le général de Gaulle de 1958 à 1961 se tourne de manière de plus en plus évidente vers l’indépendance de ce pays, au grand dam de ceux qui veulent maintenir une Algérie française. Les colons « pieds-noirs », bien sûr, qui continuent de subir attaques et massacres et craignent de devoir quitter une terre sur laquelle ils sont nés. Mais aussi l’armée. Cette dernière s’est en effet largement investie dans la pacification du territoire, non seulement par des opérations militaires qui, lorsque l’on s’en est donné les moyens, se sont révélées efficaces, mais aussi en développant les affaires indigènes et l’aide aux populations, ou en mettant en place des unités composées d’Algériens ralliés à la France, les harkis.
Par le référendum du 8 janvier 1961, le peuple français approuve la politique menée par de Gaulle en Algérie, et les négociations commencent avec le « Gouvernement provisoire de la République algérienne » dont dépend le Front de libération nationale. On s’achemine donc vers les accords d’Évian qui seront signés le 18 mars 1962.
Mais, le 22 avril 1961, quatre généraux, Challe, Salan, Jouhaud et Zeller, font un coup de force à Alger avec l’appui d’unités militaires, dont le fameux 1er parachutistes. Les représentants de l’État et les commandants légitimes des forces militaires sont arrêtés.
Le lendemain, le général de Gaulle, en uniforme, intervient à la télévision et sur les ondes pour annoncer qu’il a décidé de la mise en œuvre des pouvoirs exceptionnels de l’article 16 de la Constitution, et qu’il interdit aux hommes des unités stationnées en Algérie, visant notamment les appelés, d’obéir aux rebelles. Le contingent refuse en effet de suivre le mouvement et le putsch s’effondre en trois jours. Cela n’empêche pas de Gaulle de maintenir l’application de l’article 16… jusqu’au 1er octobre 1961 !
Ce discours, avec ses formules qui font mouche (celle, si fameuse, du « quarteron de généraux en retraite »), est un exemple de tactique oratoire, même si le chef de l’État de 1961 semble avoir un peu perdu de vue les arguments… de l’insurgé de 1940.

Discours de Charles de Gaulle:

un pouvoir insurrectionnel s’est établi en Algérie

Un pouvoir insurrectionnel s’est établi en Algérie par un pronunciamiento militaire.
Les coupables de l’usurpation ont exploité la passion des cadres de certaines unités spécialisées, l’adhésion enflammée d’une partie de la population de souche européenne qu’égarent les craintes et les mythes, l’impuissance des responsables submergés par la conjuration militaire.
Ce pouvoir a une apparence : un quarteron de généraux en retraite. Il a une réalité : un groupe d’officiers, partisans, ambitieux et fanatiques. Ce groupe et ce quarteron possèdent un savoir-faire expéditif et limité. Mais ils ne voient et ne comprennent la nation et le monde que déformés à travers leur frénésie. Leur entreprise conduit tout droit à un désastre national.
Car l’immense effort de redressement de la France, entamé depuis le fond de l’abîme, le 18 juin 1940, mené ensuite jusqu’à ce qu’en dépit de tout la victoire fut remportée, l’indépendance assurée, la République restaurée ; repris depuis trois ans, afin de refaire l’État, de maintenir l’unité nationale, de reconstituer notre puissance, de rétablir notre rang au-dehors, de poursuivre notre œuvre outremer à travers une nécessaire décolonisation, tout cela risque d’être rendu vain, à la veille même de la réussite, par l’aventure odieuse et stupide des insurgés en Algérie. Voici l’État bafoué, la nation défiée, notre puissance ébranlée, notre prestige international abaissé, notre place et notre rôle en Afrique compromis. Et par qui ? Hélas ! hélas ! par des hommes dont c’était le devoir, l’honneur, la raison d’être, de servir et d’obéir.
Au nom de la France, j’ordonne que tous les moyens, je dis tous les moyens, soient employés pour barrer partout la route à ces hommes-là, en attendant de les réduire. J’interdis à tout Français et, d’abord, à tout soldat d’exécuter aucun de leurs ordres. L’argument suivant lequel il pourrait être localement nécessaire d’accepter leur commandement sous prétexte d’obligations opérationnelles ou administratives ne saurait tromper personne. Les seuls chefs, civils et militaires, qui aient le droit d’assumer les responsabilités sont ceux qui ont été régulièrement nommés pour cela et que, précisément, les insurgés empêchent de le faire. L’avenir des usurpateurs ne doit être que celui que leur destine la rigueur des lois.
Devant le malheur qui plane sur la patrie et la menace qui pèse sur la République, ayant pris l’avis officiel du Conseil constitutionnel, du Premier ministre, du président du Sénat, du président de l’Assemblée nationale, j’ai décidé de mettre en œuvre l’article 16 de notre Constitution. À partir d’aujourd’hui, je prendrai, au besoin directement, les mesures qui paraîtront exigées par les circonstances. Par là même, je m’affirme, pour aujourd’hui et pour demain, en la légitimité française républicaine que la nation m’a conférée, que je maintiens quoi qu’il arrive, jusqu’au terme de mon mandat ou jusqu’à ce que me manquent, soit les forces, soit la vie, et dont je prendrai les moyens d’assurer qu’elle demeure après moi.
Françaises, Français ! voyez où risque d’aller la France, par rapport à ce qu’elle était en train de redevenir.
Françaises, Français ! aidez-moi !

Vidéo : Charles de Gaulle

Vidéo démonstrative pour tout savoir sur : Charles de Gaulle

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