Constant

Constant, de son vrai nom Constant Nieuwenhuys, est un peintre et architecte utopiste néerlandais, né à Amsterdam en 1920 et mort à Utrecht en 2005. Cofondateur du mouvement Cobra en 1948, il est surtout connu pour New Babylon, projet de ville imaginaire auquel il a consacré près de vingt ans.
De l’Académie d’Amsterdam à Cobra
Constant se forme à l’Académie royale des beaux-arts d’Amsterdam. En 1948, il fonde avec Karel Appel et Corneille le Groupe expérimental néerlandais, qui publie la revue Reflex. La même année, à Paris, ces artistes s’associent au Danois Asger Jorn et aux Belges Christian Dotremont et Joseph Noiret pour créer Cobra, nom formé des initiales de Copenhague, Bruxelles et Amsterdam.
Cobra défend un art spontané, collectif et expérimental, qui s’inspire des dessins d’enfants, de l’art populaire et des arts dits primitifs. Constant y peint des animaux fantastiques, des figures aux couleurs vives et des scènes de guerre à la fois tragiques et poétiques. Le mouvement se dissout en 1951.
New Babylon, la ville du jeu
Après un passage par l’abstraction géométrique, Constant délaisse la peinture pour l’architecture et l’urbanisme. En 1956, à Alba, en Italie, il conçoit le projet d’un campement pour les gitans de passage. Il rejoint l’Internationale situationniste et en reste membre de 1958 à 1960. Il partage avec Guy Debord l’idée d’un « urbanisme unitaire », qui ferait de la ville le lieu d’expériences et de rencontres plutôt que de travail.
New Babylon, développé de la fin des années 1950 au milieu des années 1970, imagine une ville planétaire suspendue au-dessus du sol, faite de secteurs reliés entre eux et modifiables à volonté. Libérés du travail par l’automatisation, ses habitants y mèneraient une vie nomade consacrée à la création et au jeu, dans l’esprit de l’Homo ludens décrit par l’historien Johan Huizinga. Constant en a réalisé des maquettes, des plans, des collages, des dessins et des peintures. Une grande partie de cet ensemble est conservée à La Haye.
Le retour à la peinture
Au début des années 1970, Constant revient à la peinture. Ses toiles, d’une facture plus classique et très travaillée, reprennent quelques thèmes récurrents : la guerre et la violence, qui prolongent son engagement social et politique, mais aussi la femme, l’érotisme et la vie intime, plus personnels.
Une influence durable
New Babylon, longtemps regardé comme une utopie de papier, est devenu une référence pour les architectes, les urbanistes et les artistes qui interrogent la ville, les loisirs et le rapport entre technique et liberté. L’œuvre de Constant relie ainsi l’expérience collective de Cobra, la critique situationniste de la société et une réflexion visionnaire sur l’espace urbain.



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