Peter Halley
Peter Halley est un peintre américain, né en 1953 à New York, où il vit et travaille. Figure majeure du mouvement Neo-Geo apparu au milieu des années 1980, il est connu pour ses toiles géométriques aux couleurs fluorescentes, composées de « cellules » et de « conduits », qui évoquent les réseaux et les espaces cloisonnés de la société contemporaine. Il est aussi l’auteur de nombreux essais théoriques.
Formation et débuts
Peter Halley étudie à l’université Yale, puis à l’université de La Nouvelle-Orléans, où il obtient un diplôme de beaux-arts à la fin des années 1970. Revenu à New York, il commence au début des années 1980 la série de tableaux qui fera sa réputation.
Au milieu des années 1980, il expose dans le quartier de l’East Village, notamment à la galerie International With Monument, aux côtés d’artistes comme Jeff Koons, Ashley Bickerton ou Meyer Vaisman. La critique réunit ces artistes sous l’étiquette Neo-Geo, pour « néo-géométrie », ou néo-conceptualisme.
Cellules et conduits
Les tableaux de Peter Halley reprennent le vocabulaire de l’abstraction géométrique, carrés et rectangles, mais en changent le sens. Un carré entouré de barreaux devient une « prison » ou une « cellule » ; des bandes qui le relient à d’autres formes deviennent des « conduits ». L’ensemble évoque les circuits électroniques, les réseaux urbains, les immeubles et les bureaux : l’espace moderne, organisé, compartimenté et surveillé.
Le choix de ces titres n’est pas anodin : Peter Halley lit dans la géométrie le reflet des structures de contrôle de la société industrielle puis informatique, bien plus qu’une quête d’harmonie ou de pureté.
Il utilise des peintures fluorescentes de type Day-Glo et un enduit en relief, le Roll-a-Tex, qui rappelle les plafonds des bâtiments de bureaux. Ces matériaux industriels renforcent l’idée d’une abstraction qui ne parle plus d’absolu ou de spiritualité, mais du monde construit dans lequel nous vivons.
Un peintre théoricien
Peter Halley publie dans les années 1980 des essais qui s’appuient sur les philosophes français Michel Foucault et Jean Baudrillard, en particulier sur la notion de simulation. Il y critique l’idéalisme de l’abstraction moderniste, de Mondrian aux peintres américains de l’après-guerre, et propose une lecture sociale de la géométrie.
De 1996 à 2005, il dirige avec Bob Nickas le magazine Index, consacré à la culture contemporaine. Il a dirigé le programme de troisième cycle en peinture de l’école d’art de Yale de 2002 à 2011.
Évolution
Depuis les années 1990, les compositions de Peter Halley se sont complexifiées : formats plus vastes, couleurs plus nombreuses, installations murales qui couvrent des salles entières. Certaines de ses expositions prennent la forme d’environnements complets, murs peints et papiers peints reprenant ses motifs, de sorte que le visiteur se retrouve lui-même à l’intérieur d’une « cellule ». Ses œuvres figurent dans les collections de grands musées internationaux.


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