Franz Kline
Franz Kline est un peintre américain (1910-1962), figure majeure de l’expressionnisme abstrait, célèbre pour ses grandes toiles où de larges traits noirs se détachent sur un fond blanc. Né à Wilkes-Barre, en Pennsylvanie, il meurt à New York en 1962, au moment où son œuvre est reconnue comme l’une des plus puissantes de l’École de New York.
Une formation entre Boston et Londres
Franz Kline étudie l’art à l’université de Boston au début des années 1930, puis part pour Londres, où il suit les cours de la Heatherley School of Fine Art. Revenu aux États-Unis, il s’installe à New York en 1938. Ses débuts sont modestes : il peint des portraits, des paysages et des scènes urbaines, et réalise des décors ou des peintures murales pour des commandes, notamment pour des cafés et des lieux publics.
Le passage à l’abstraction
À la fin des années 1940, Kline se lie avec les peintres de l’avant-garde new-yorkaise, en particulier Willem de Kooning. Il dessine alors beaucoup à l’encre noire, sur des papiers de récupération, parfois des pages d’annuaire téléphonique. Selon un récit souvent rapporté, la projection agrandie de ses petits croquis lui révèle la force de ces signes une fois portés à grande échelle. Il abandonne la figuration et développe le style qui fera sa renommée.
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Sa première exposition personnelle, en 1950 à New York, présente ces grandes compositions en noir et blanc. Elles frappent par leur énergie : poutres, arches et diagonales semblent jaillir du geste du peintre, comme des structures métalliques ou des ponts vus de près.
Un style reconnaissable entre tous
La peinture de Kline relève de l’action painting, la « peinture gestuelle » associée à l’expressionnisme abstrait. Ses traits paraissent spontanés, mais ils sont souvent préparés par des esquisses et retravaillés : le blanc n’est pas un simple fond, il est peint, repris, et dialogue avec le noir. On a souvent rapproché ces formes de la calligraphie extrême-orientale, ce que l’artiste contestait, et des paysages industriels de sa Pennsylvanie natale, régions de mines et de chemins de fer. Ses titres renvoient d’ailleurs souvent à des lieux ou à des souvenirs, comme Chief (1950), nom d’une locomotive.
Dans les dernières années de sa vie, Kline réintroduit la couleur dans ses toiles, sans renoncer à la vigueur de son trait.
Héritage
Mort prématurément d’une maladie cardiaque à l’âge de 51 ans, Franz Kline laisse une œuvre relativement brève mais décisive. Ses toiles figurent dans les collections des grands musées américains, dont le Museum of Modern Art de New York. Il reste, avec Pollock, de Kooning et Rothko, l’un des noms qui incarnent l’élan de la peinture américaine après la Seconde Guerre mondiale.
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