Blinky Palermo
Blinky Palermo est un peintre allemand né en 1943 à Leipzig et mort en 1977 aux Maldives, figure majeure de l’abstraction européenne des années 1960 et 1970. Élève de Joseph Beuys, il a mené en à peine plus d’une décennie une recherche radicale sur la couleur et sur la relation entre la peinture et l’espace qui l’accueille. Son œuvre, brève, reste très étudiée et exposée.
Biographie
Né Peter Schwarze, il est adopté avec son frère jumeau par la famille Heisterkamp, dont il prend le nom. Après une première formation artistique à Münster, il entre au début des années 1960 à la Kunstakademie de Düsseldorf, où il suit l’enseignement de Joseph Beuys. Il y côtoie une génération d’artistes appelés à compter, et se lie notamment d’amitié avec Gerhard Richter, avec qui il réalise plusieurs projets communs.
Au milieu des années 1960, il adopte le pseudonyme de Blinky Palermo, emprunté à Frank « Blinky » Palermo, organisateur de combats de boxe américain connu pour ses liens avec la mafia ; le choix dit son goût pour l’ironie et pour une identité d’artiste inventée. En 1973, il s’installe à New York. Il meurt brutalement en février 1977, lors d’un voyage aux Maldives, à l’âge de 33 ans.
Les grandes séries
L’œuvre de Palermo se répartit en quelques ensembles bien identifiés, tous consacrés à la couleur et à son support :
- les Objets, où la peinture s’applique à des formes inhabituelles, planches, bâtons ou toiles tendues sur des supports découpés ;
- les Tableaux en tissu (Stoffbilder), faits de bandes de tissus du commerce teints, simplement cousues entre elles : la couleur y est donnée par le matériau et non posée au pinceau ;
- les Peintures murales et dessins muraux, peints directement sur les murs des lieux d’exposition pour en souligner l’architecture, et souvent effacés après l’exposition ;
- les Tableaux sur métal, peints à New York sur des panneaux d’aluminium.
New York et la dernière période
À New York, Palermo travaille sur des ensembles de panneaux métalliques dont les couleurs se répondent d’un élément à l’autre, à la manière d’un rythme musical. Son ensemble le plus célèbre de cette période, To the People of New York City, réunit une série de panneaux d’aluminium peints ; il est aujourd’hui conservé par la Dia Art Foundation. Ces œuvres, abstraites, renvoient souvent à des lieux ou à des impressions, ce qui distingue Palermo d’un formalisme purement géométrique.
Postérité
Sa mort précoce a figé une œuvre restreinte, dont une partie, les peintures murales, n’existe plus que par des photographies et des documents. Les grands musées européens et américains lui ont consacré des rétrospectives, et de nombreux artistes revendiquent son influence pour sa façon de penser la peinture à la fois comme objet et comme intervention dans l’espace.

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