Robert Ryman
Robert Ryman est un peintre américain, né en 1930 à Nashville (Tennessee) et mort en 2019 à New York, célèbre pour ses tableaux presque entièrement blancs. Souvent rattaché à l’art minimal, il préférait se dire peintre « réaliste » : ce qu’il montrait n’était pas une image, mais la réalité même de la peinture, de sa matière et de son support.
Un parcours atypique
Ryman ne passe pas par une école d’art. Il arrive à New York au début des années 1950 dans l’idée de devenir musicien de jazz. Pour vivre, il travaille comme gardien au Museum of Modern Art, où il côtoie chaque jour les œuvres des grands peintres modernes. C’est là qu’il commence à peindre en autodidacte, dans les années 1950. Sa première exposition personnelle a lieu en 1967 à New York. Il a été marié à la peintre Merrill Wagner.
Le blanc comme outil
À partir de la fin des années 1950, le blanc devient le matériau quasi exclusif de son œuvre. Ce choix n’a rien d’un renoncement : en neutralisant la couleur, Ryman rend visibles des éléments que la peinture ordinaire fait oublier :
- la touche, large ou fine, appliquée au pinceau, à la brosse ou au couteau ;
- la matière : huile, émail, gouache, caséine, peinture vinylique ou acrylique ;
- le support : toile de lin ou de coton, papier, métal, fibre de verre, panneaux divers ;
- la lumière, qui change l’aspect d’une surface brillante ou mate selon l’heure et l’éclairage.
Le format carré revient très souvent dans son travail, comme une forme neutre qui ne privilégie aucune direction.
Accrocher fait partie de l’œuvre
Ryman accorde une attention particulière à la manière dont un tableau rencontre le mur. Il conçoit lui-même des systèmes de fixation, attaches métalliques ou rubans adhésifs laissés visibles, qui deviennent des éléments à part entière de l’œuvre. Le bord du tableau, la signature, l’espace entre la peinture et le mur sont pensés comme des composantes de la peinture, et non comme des détails techniques.
Reconnaissance
Son œuvre est présente dans les grands musées d’art moderne. Une importante rétrospective lui est consacrée en 1993 à la Tate Gallery de Londres, puis présentée au Museum of Modern Art de New York. Des salles lui sont consacrées de façon permanente à la Dia:Beacon, dans l’État de New York. Ses peintures, que le public découvre parfois avec perplexité, sont devenues une référence pour réfléchir à ce qu’est une peinture une fois retirées l’image et la couleur.
Une œuvre qui se regarde lentement
Devant un tableau de Ryman, la première impression d’uniformité se dissipe vite. Le regard découvre des différences d’épaisseur, de brillance, de direction des coups de pinceau, des zones de toile laissées nues. Son œuvre invite ainsi à une observation patiente, attentive à des nuances que la peinture figurative ne permet pas toujours de remarquer.


vous devez être connecter pour déposer un commentaire connecter