Clyfford Still
Clyfford Still (1904-1980) est un peintre américain, l’un des pionniers de l’expressionnisme abstrait et de la peinture dite « color field », celle des grands champs de couleur. Ses toiles monumentales, couvertes de plages de couleur aux bords déchiquetés, rompent avec la tradition européenne de la composition. Artiste farouchement indépendant, il a tenu à distance le marché de l’art et les galeries pendant une grande partie de sa carrière.
Biographie
Clyfford Still naît en 1904 à Grandin, dans le Dakota du Nord, et grandit entre l’État de Washington et l’Alberta, au Canada. Il étudie l’art et les lettres à l’université dans l’État de Washington, où il enseigne ensuite. Sa première exposition personnelle a lieu en 1943 au musée d’art de San Francisco. Dans la seconde moitié des années 1940, il enseigne à la California School of Fine Arts de San Francisco et expose à New York, notamment à la galerie Art of This Century de Peggy Guggenheim en 1946, puis chez Betty Parsons. Il vit à New York dans les années 1950, avant de se retirer dans le Maryland en 1961. Il meurt en 1980 à Baltimore.
Une œuvre en quête d’absolu
Après des débuts figuratifs inspirés par les plaines et le monde rural, Still élabore au cours des années 1940 un langage entièrement abstrait. Ses toiles, souvent de très grand format, sont couvertes de larges plans de couleur, verticaux, aux contours dentelés ou arrachés, qui semblent se superposer. La peinture, souvent posée au couteau, forme une matière épaisse. Moins gestuelle que celle de Jackson Pollock, son œuvre cherche une forme de grandeur et de spiritualité ; Still récusait d’ailleurs les lectures qui voyaient des paysages dans ses tableaux.
Il donnait rarement des titres à ses toiles et les désignait surtout par une date et une lettre ou un numéro, comme 1957-D No. 1, conservée à Buffalo, où le noir occupe l’essentiel de la surface.
Un artiste qui contrôlait son œuvre
Still se méfiait des critiques, des marchands et des musées, qu’il accusait de détourner le sens des œuvres. Il exposait peu et vendait peu, préférant conserver l’essentiel de sa production. Il fit toutefois des dons importants à quelques institutions, notamment à la galerie Albright-Knox de Buffalo en 1964 et au musée d’art moderne de San Francisco dans les années 1970.
Le Clyfford Still Museum
Par testament, Still légua l’ensemble des œuvres qu’il avait conservées à une ville américaine qui accepterait de leur consacrer un musée réservé à son seul travail. La ville de Denver, dans le Colorado, accepta cette condition et ouvrit le Clyfford Still Museum en 2011. Ce fonds, resté presque invisible pendant des décennies, a permis de redécouvrir l’ampleur d’une œuvre qui compte parmi les plus radicales de la peinture américaine du XXe siècle.



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