Mimmo Rotella
Mimmo Rotella, de son vrai nom Domenico Rotella, est un artiste italien né en 1918 à Catanzaro, en Calabre, et mort en 2006 à Milan. Il est connu pour ses « décollages » : des affiches arrachées dans la rue puis reportées sur toile, qui font de la publicité urbaine une matière artistique. Il a appartenu au groupe des Nouveaux Réalistes.
Biographie
Il étudie à l’Académie des beaux-arts de Naples et commence par peindre. Au début des années 1950, une bourse le conduit aux États-Unis, à l’université de Kansas City, puis il revient à Rome. Il décide alors de rompre avec la peinture traditionnelle, convaincu que tout y a déjà été fait, et cherche un langage neuf dans la rue elle-même. Il a ensuite vécu et travaillé à Rome, à Paris, puis à Milan.
Le décollage d’affiches
Dès le milieu des années 1950, Rotella arrache sur les murs des affiches superposées et lacérées, les maroufle sur toile et en fait des compositions où se mêlent fragments de mots, couleurs et images. Ses premières œuvres de ce type sont presque abstraites : elles révèlent un langage de la rue, anonyme et poétique, produit par le temps, les intempéries et les passants. À la même époque, en France, Raymond Hains et Jacques Villeglé travaillent eux aussi l’affiche lacérée, par des chemins indépendants.
Nouveau Réalisme et Mec Art
En 1961, il rejoint les Nouveaux Réalistes, groupe fondé l’année précédente autour du critique Pierre Restany, qui veut s’approprier directement le réel urbain et industriel. Ses affiches de cinéma, de spectacles ou de propagande prennent alors une dimension sociale et politique, et les vedettes de l’écran, comme Marilyn Monroe, deviennent l’un de ses sujets.
Au début des années 1960, il participe au Mec Art (de l’anglais mechanical art) : il reporte des images photographiques sur une toile sensibilisée, par un procédé proche de la photographie. Il imagine aussi les « artypos », compositions réalisées à partir d’épreuves d’imprimerie.
Les dernières décennies
Dans les années 1980, il travaille sur des affiches recouvertes de papier vierge, de graffitis et de slogans, prélevées telles quelles dans la rue, puis revient à la peinture avec des images de cinéma. Il réalise ensuite des « surpeintures » (sovrapitture), en peignant directement sur des panneaux déjà couverts d’affiches. Il expliquait vouloir montrer que la peinture avait changé avec les techniques et les images de son temps.
Par son geste simple, arracher plutôt que peindre, Rotella a fait de la ville un atelier et de l’affiche le miroir d’une société de l’image. Son œuvre est l’une des contributions italiennes majeures à l’art de la seconde moitié du XXe siècle.


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