Olivier Mosset
Olivier Mosset est un peintre suisse né en 1944 à Berne, figure de la peinture abstraite radicale. Membre du groupe BMPT, formé à Paris à la fin des années 1960, il a consacré son œuvre à interroger ce qui reste de la peinture lorsqu’on lui retire l’expression personnelle : cercles répétés, monochromes, bandes, formes géométriques. Il vit aux États-Unis depuis la fin des années 1970.
Formation et débuts à Paris
Après des études d’art en Suisse, il s’installe à Paris au début des années 1960 et travaille un temps auprès de Jean Tinguely et de Niki de Saint Phalle. Il fréquente alors les milieux de l’avant-garde, où se discute la possibilité même de continuer à peindre après les ruptures de l’art moderne. Ces années de rencontres, au contact du Nouveau Réalisme et des premières remises en cause du tableau, nourrissent sa réflexion sur la place de l’artiste, sur l’auteur d’une œuvre et sur ce qui fait la valeur d’une peinture.
BMPT et le cercle noir
En 1966-1967, il forme avec Daniel Buren, Michel Parmentier et Niele Toroni le groupe BMPT, d’après leurs initiales. Lors de manifestations restées célèbres, les quatre artistes peignent en public des toiles réduites à un signe répété : bandes verticales pour Buren, bandes horizontales pour Parmentier, empreintes de pinceau régulièrement espacées pour Toroni, et pour Mosset un petit cercle noir au centre d’une toile blanche. Ils refusent ainsi l’illusion, le style et la peinture comme expression de soi. Mosset répète ce même tableau pendant plusieurs années, jusqu’au début des années 1970, faisant de la répétition un argument.
Des monochromes à l’abstraction géométrique
Il s’installe à New York en 1977 et se consacre aux monochromes, en dialogue avec l’abstraction américaine. Il s’approprie aussi, à l’occasion, le motif d’autres artistes, posant la question de l’originalité et de la signature. À partir du milieu des années 1980, il peint des bandes, des zébrures et des compositions géométriques bicolores aux couleurs vives, ainsi que des toiles découpées (shaped canvases), souvent de grand format et aux titres pleins d’ironie. En 1990, il représente la Suisse à la Biennale de Venise. Il s’est ensuite établi en Arizona.
Une peinture qui s’interroge elle-même
Son travail est souvent rapproché de la peinture dite analytique et de la question, ouverte depuis le carré noir de Malevitch, de la « fin de la peinture ». Mosset ne prétend pas pour autant à la neutralité : il a souligné qu’une œuvre n’est jamais seulement elle-même, ni vraiment neutre, et qu’il faut accepter cette contradiction. La répétition et le monochrome ne suppriment pas le sens ; ils le déplacent vers le contexte, le regard du spectateur et le lieu d’exposition.



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