Walter Dahn
Walter Dahn est un artiste allemand né en 1954 à Krefeld, peintre et photographe, qui fut l’un des membres du groupe Mülheimer Freiheit à Cologne au début des années 1980. Il appartient à la génération des « Neue Wilde », les « nouveaux fauves » allemands, qui renouent alors avec une peinture figurative et expressive.
Formation auprès de Joseph Beuys
Walter Dahn étudie à la Kunstakademie de Düsseldorf, l’académie des beaux-arts, dans la classe de Joseph Beuys. Il découvre très jeune l’œuvre de Beuys, qui exerce sur lui une influence profonde : l’idée que l’art n’est pas seulement la fabrication d’objets mais une attitude, et qu’il peut se nourrir de tous les matériaux de la vie quotidienne. Il vit et travaille à Cologne.
La Mülheimer Freiheit
En 1980, Walter Dahn fonde avec d’autres jeunes peintres, dont Jiří Georg Dokoupil, Hans Peter Adamski, Peter Bömmels, Gerard Kever et Gerhard Naschberger, un groupe qui prend le nom de la rue de Cologne où se trouve leur atelier commun : la Mülheimer Freiheit. Le groupe pratique une peinture rapide, ironique et provocante, qui puise dans l’imagerie populaire, la bande dessinée et la culture punk.
Au même moment, d’autres peintres, à Berlin notamment, mènent une démarche voisine. Ensemble, ils réagissent à la domination de l’art conceptuel et de l’art minimal des années 1970 en revendiquant le plaisir de peindre et la figure humaine.
L’œuvre
À la fin des années 1970, Dahn s’inspire de photographies personnelles ou empruntées, d’images de magazines et de catalogues. Avec Dokoupil, il peint à quatre mains des tableaux réalisés en commun. Ses toiles de cette période présentent des figures brutales, parfois caricaturales, parfois sous forme d’autoportraits, où l’homme apparaît en proie à ses obsessions : l’alcool, le tabac, la violence.
Au milieu des années 1980, son travail devient plus graphique : il dessine des personnages à l’acrylique noire sur des fonds clairs, dans des œuvres qui interrogent la position de l’artiste et son rapport au monde. À partir des années 1990, il se tourne davantage vers la photographie, la sérigraphie et l’image numérique, en réalisant des séries de portraits et de groupes de personnages.
Un art de l’image empruntée
Tout au long de son parcours, Walter Dahn travaille à partir d’images qui existent déjà : photographies souvenirs, images de magazines, pages de catalogues. Il les recadre, les simplifie, les déforme ou les répète, et les fait passer d’un médium à l’autre, de la photographie à la peinture et de la peinture à la sérigraphie. Cette façon de recycler les images de la culture populaire rapproche son travail de l’esprit punk de sa génération.
Une place dans l’art allemand
Walter Dahn est aujourd’hui considéré comme l’un des représentants de la peinture allemande du début des années 1980, aux côtés des artistes de la Mülheimer Freiheit et des « nouveaux fauves » berlinois. Son parcours, de l’atelier de Beuys à la photographie numérique, illustre le passage d’une génération qui, après avoir appris l’art conceptuel, a choisi de réhabiliter l’image peinte avant de l’ouvrir à de nouveaux médiums.


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