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Du pain et des jeux

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JuvenalAuteur : Juvénal , vers 110-120

Explication

Le Latin Juvénal (vers 55-vers 140) fut un satiriste assez obscur, au cœur de la pax ramona sous les empereurs Domitien, Nerva, Trajan puis I ladrien (qui ont régné de 8i à 138). Cet auteur famélique, ancien professeur d’éloquence, se plantait aux carrefours et déclamait ses poèmes. Dans une langue souvent crue, il moquait les sénateurs ventripotents, les affranchis parvenus ou les bourgeoises dévergondées, ce qui lui attira finalement la disgrâce et sans doute l’exil. Tout un pan de la vie quotidienne à Rome nous est connu grâce à son oeuvre.

Alors que la ville devient un gigantesque théâtre où se jouent successivement les farces et les tragédies, Juvénal dresse, dans sa dixième satire, un tableau désabusé du peuple de Rome. « Depuis qu’on ne vend plus les suffrages, il se moque de tout. Lui qui, jadis, distribuait le pouvoir, les faisceaux, les légions, enfin tout, ce peuple déchu ne convoite plus avec anxiété que deux choses : du pain et des jeux ! » Plus loin, le satiriste résume le mal d’une formule : « Plutôt que de vertu, on a soif de gloire ! »

Du pain… Depuis le 11e siècle avant J.-C., l’État distribue de la farine aux nécessiteux, gratuitement ou à prix réduit. Les boulangers sont devenus des fonctionnaires assurant la paix civile, au prix de l’oisiveté d’une grande partie des citoyens… Et des jeux. Inauguré en 80 sous l’empereur Titus, le Colisée accueille 87 000 spectateurs. Quant au Circus Maximus, il peut en contenir 250000, c’est-à-dire le quart de la population romaine ! Les courses de chars ou de chevaux, les spectacles de danse ou de mime et les concours sportifs sont offerts par l’empereur. Les combats de gladiateurs sont donnés par de riches candidats aux magistratures. Les jeux de Rome finissent par occuper la moitié de l’année, jusqu’à 175 jours !

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