Je suis le premier flic de France: 1er flic de france

« Je suis le premier flic de France » est une formule attribuée à Georges Clemenceau, devenu en 1906 ministre de l’Intérieur puis président du Conseil. Par cette provocation, l’ancien opposant radical revendiquait la mission de maintien de l’ordre que ses adversaires lui reprochaient. La phrase résume un tournant de sa carrière et reste associée à son surnom de « Tigre ».
Du « tombeur de ministères » au ministre de l’Intérieur
Né en 1841, Georges Clemenceau a passé l’essentiel de sa carrière politique dans l’opposition, à la gauche radicale. Orateur redouté, il a fait chuter tant de gouvernements qu’on le surnommait le « tombeur de ministères ». Ce n’est qu’en mars 1906, à 64 ans, qu’il exerce pour la première fois une fonction gouvernementale, comme ministre de l’Intérieur. En octobre de la même année, il devient président du Conseil tout en conservant ce ministère, qu’il gardera jusqu’en juillet 1909.
Une période de conflits sociaux
Son passage au pouvoir coïncide avec une forte agitation sociale, et l’ancien défenseur des libertés fait preuve d’une grande fermeté :
- après la catastrophe minière de Courrières, en mars 1906, il envoie la troupe dans le bassin houiller du Pas-de-Calais en grève ;
- pour le 1er mai 1906, il fait masser des troupes à Paris et procéder à de nombreuses arrestations ;
- en 1907, la révolte des vignerons du Languedoc est réprimée ; à Narbonne, la troupe tire sur la foule et fait des morts ;
- en 1908, les grèves des ouvriers des sablières de Draveil et de Vigneux aboutissent à des affrontements meurtriers, notamment à Villeneuve-Saint-Georges.
Pour la CGT et une partie de la gauche, Clemenceau devient le « briseur de grèves ». À ces attaques, il répond en assumant pleinement son rôle : il est, dit-il, le premier flic de France. Le mot « flic », terme d’argot, était alors nettement péjoratif, ce qui donne à la formule toute sa force de défi.
Les « brigades du Tigre »
Clemenceau ne se contente pas de réprimer : il modernise la police. Un décret du 30 décembre 1907 crée douze brigades régionales de police mobile, placées sous l’autorité de Célestin Hennion, directeur de la Sûreté générale. Dotées de moyens modernes pour l’époque, elles sont chargées de lutter contre la criminalité organisée sur tout le territoire. On les surnomme les « brigades du Tigre », et elles sont considérées comme l’ancêtre de la police judiciaire.
Du « premier flic » au « Père la Victoire »
Revenu à la présidence du Conseil en novembre 1917, au cœur de la Première Guerre mondiale, Clemenceau incarne la volonté de vaincre. La victoire de 1918 lui vaut le surnom de « Père la Victoire ». Pourtant, en janvier 1920, il est devancé par Paul Deschanel lors du vote préparatoire des parlementaires républicains en vue de l’élection présidentielle, et renonce à se présenter. Il meurt en 1929.
La formule « premier flic de France » lui a survécu : elle sert encore souvent à désigner, en France, le ministre de l’Intérieur en exercice.




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